C'est beau, c'est bon, c'est en Lorraine

Du lundi au vendredi à 6h20

la Lorraine (à gauche) et l'Alsace (à droite) retrouvent la France (au centre)
la Lorraine (à gauche) et l'Alsace (à droite) retrouvent la France (au centre)

"Ca doit être quelque chose, la Lorraine, pour qu'on se soit tant battus pour la retrouver"... Une normande

Diffusion du lundi 11 novembre 2019 Durée : 3min

Chaque jour, Jérôme Prod'homme nous raconte ce qu'il trouve beau ou bon en Lorraine. Aujourd'hui, 11 novembre, Jérôme nous rappelle que la Lorraine a été la terre de France défendue avec acharnement par tous les Français, notamment à Verdun...

Une terre de mémoire 

C’est parfois lourd, mais c’est surtout très beau d’être une terre de mémoire. Moi je me souviens la première fois que j’ai annoncé à ma grand-mère, en Normandie, que j’allais partir habiter à plus de 600 kilomètres, loin d’elle et quand j’y pense, de mes racines, elle a eu cette jolie phrase, elle dont le père avait fait Verdun, et qui y a perdu 2 oncles en Lorraine, l’un à Verdun, l’autre à Morhange, « Ca doit être quelque chose la Lorraine pour qu’on se batte autant pour la récuperer ». C'est vrai ça !

« Ca doit être quelque chose la Lorraine pour qu’on se batte autant pour la récuperer ».

Et c’est marqué sur le sol ce combat des Français pour garder la Lorraine restée Française et reconquérir ce qu’on appelait les provinces perdues. On a un peu oublié que l’une des raisons de tant de morts dans notre région à l’été 14, au début de la guerre ,c’est la volonté farouche des Français de mettre le pied dans ce qu’on appelait l’Alsace Lorraine et y rester. De nombreuses traces nous rappellent cet amour de la France pour la Lorraine. A commencer par Verdun, dont le seul nom résume la guerre dans l’esprit de beaucoup de nos compatriotes. Il y en a des cimetières, avec leurs croix de bois ou de ciment.  Mais on pourrait se souvenir du bois le prêtre à Pont à Mousson, de Gerbeviller, cité martyre, on peut se souvenir du conflit quand on connait bien l’histoire de nancy quand on passe devant telle ou telle maison qui a été bombardée. Tenez par exemple la pharmacie saint Joseph juste à côté de l’Eglise rue de Mondésert. Et il y a aussi le Montsec, dans la Meuse, en mémoire des derniers combats, ceux qui ont été menés avec les frais alliés américains. 

Toute la France est passée sur la Voie Sacré...

une des bornes de la Voie Sacrée - Aucun(e)
une des bornes de la Voie Sacrée

Enfin, et j’allais dire surtout, il y a la Voie Sacrée. Cette route qui menait de l’arrière jusqu’à l’enfer de Verdun. Une route anodine jusque là et devenue l’un des symboles d’une nation toute entière lancée dans la guerre. Fonctionnant jour et nuit. Les camions se suivant à la queue leu leu pour alimenter les lignes françaises en hommes bien sûr, la quasi-totalité des régiments français est passée par Verdun, les troupes des colonies aussi. Même les bœufs ont fait le trajet avec les munitions pour alimenter les estomacs. De belles bornes, surmontées du casque sacré des poilus, rappellent le tracé. Et la gare TGV Meuse Voie sacrée rappelle son nom aux voyageurs. Notre Lorraine porte en elle les traces de la guerre. Elle doit en être fière. Tous les sacrifices ont été faits pour qu’elle soit terre de France, et c’est chez elle qu’est née la seule réponse intelligente à ces millions de vies emportées dans l’orage : la belle idée de l’Europe.