Replay du jeudi 6 mai 2021

150 ans de la guerre de 1870-1871 : Nancy double de population et découvre l'Art Nouveau

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A l'occasion des 150 ans de la défaite de 1871, et de l'annexion de la Moselle et de l'Alsace par l'Allemagne, Jérôme nous raconte cette époque et nous rappelle toutes les conséquences qu'elle a encore de nos jours. Après la guerre, Nancy explose littéralement et devient la grande ville de l'Est.

La verriere du Crédit Lyonnais
La verriere du Crédit Lyonnais © Getty - JARRY/TRIPELON / Contributeur Editorial - n° : 952579978 Collection : Gamma-Rap

Un formidable bond pour Nancy

L’une des conséquence de l’annexion de la Moselle c’est un formidable rebond dans l’histoire de Nancy. La ville va littéralement exploser. Il y a plusieurs raisons à cela. D’abord il y a l’arrivée de nombreux "optants", ces riches mosellans ou alsaciens qui déménagent pour s’installer à Nancy et rester Français. Souvent riches en tous cas, puisque les autres Mosellans ou Alsaciens ne peuvent pas toujours, et ne veulent pas toujours, on les comprend, quitter leur maison, leurs champs ou leur travail pour déménager et aller s’installer ailleurs. Ces optants, qui sont plusieurs milliers, il faut les loger. De même pour les nombreux ouvriers qui sont attirés par le travail fourni par les entreprises nouvellement crées par ces optants. Et puis il y a le personnel militaire de plus en plus nombreux et dont l’encadrement ne vit pas dans des casernes. Toutes ces raisons vont faire énormément grossir Nancy, au point que la ville de Nancy se contente plutôt d’entériner les projets et constructions des promoteurs ou des particuliers plutôt que de les devancer. On trace de grandes avenues et autour on construit très vite. 

42 44 Rue Saint Dizier à Nancy
42 44 Rue Saint Dizier à Nancy © Getty - Heritage Images / Contributeur Editorial - n° : 1020515606 Collection : Hulton A

Un nouveau quartier au-delà de la gare

Ce nouveau quartier de la ville, qui va devenir aussi important que la ville d’avant 1871, s’étend en majorité de l’autre côté de la gare. On bati à tour de bras autour de grands axes. On voit se dresser de grandes maisons bourgeoises autour de la gare qui devient le quartier huppé parce que le train n’est pas loin. On construit aussi de nombreux immeubles, très vite, au point que dans certaines rues, les poutres et planchers sont continus d’un immeuble à l’autre. De grands immeubles sont également batis à cette époque dans le style Art Nouveau si à la mode. 

Et ce nouveau courant artistique : l'Art Nouveau

Porte
Porte © Getty - JARRY/TRIPELON / Contributeur Editorial - n° : 952579978 Collection : Gamma-Rap

C’est d’ailleurs la grande différence entre Nancy et Metz à l’époque, alors que l’Empereur Guillaume II exalte le passé et fait bâtir dans un style mélangé mais inspiré de la Renaissance ou du Moyen-Age, à Nancy on cède à la mode du moment à ce courant artistique assez chargé et tout en volutes qu’est l’Art Nouveau. On voit naître les magasins réunis, qui brûleront pendant la grande guerre et qui sont devenus la Fnac et le Printemps aujourd’hui. La chambre de commerce est construite toute entière dans le nouveau style, L’Est Républicain s’offre un magnifique bâtiment couronné d’un phare, on construit des villas avenue Foch, Majorelle éblouit avec sa nouvelle maison, de même pour Eugène Corbin. 

C’est cette formidable expansion, qui continue dans les années 30 et 50 qui verra des rues traverser plusieurs communes et entrainer assez naturellement des mises en commun de compétences. Epinal, Lunéville et Toul voient elles aussi leurs rues s’agrandir et la population augmenter. D’un peu plus de 60 000  habitants en 1860, la seule ville de Nancy dépasse 115 000 habitants à la veille de la guerre de 1914. C’est aussi à la fin de cette époque que monsieur Lanternier lance une station thermale à Nancy, un projet jamais achevé fracassé par la guerre de 14, et qui deviendra réalité 100 ans plus tard quand nous découvrirons le nouveau Nancy thermal. Nancy est donc marquée dans la pierre, tout comme Metz, par cette époque qui a vu la Lorraine coupée en deux. 

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