Replay du mardi 15 septembre 2020

La Lorraine c'est beau...comme la cathédrale de Metz

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Chaque jour, Jérôme Prod'homme nous raconte ce qu'il trouve beau ou bon en Lorraine. Aujourd'hui, il s'arrête auprès de cette merveille qu'est la Cathédrale de Metz

la Cathédrale Saint Etienne de Metz
la Cathédrale Saint Etienne de Metz © Getty - (Photo by Rene MATTES/Gamma-Rapho via Getty Images)

Élégante, elle domine Metz depuis toujours ... 

La Lorraine c’est beau comme la cathédrale de Metz. On la voit de fort loin, notamment quand on arrive de Nancy. Elle domine. Elle semble être là depuis toujours, et pourtant il émane d’elle quelque chose de fragile. Un peu comme ces magnifiques girandoles qu’on voit orner les cheminées des châteaux, qui brillent, qu’on sait de bronze et de cristal, et qu’on aurait peur de faire tomber. Avouez que si on compare à Rouen, Amiens ou même Paris, des vaisseaux de pierre, costauds, immense, toutes de pierres, la Cathédrale Saint Etienne de Metz fait plus raffinée. Plus élégante. Et pourtant c’est l’une des plus grandes de France. 

l'une des plus grandes de France

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détails © Getty - Bertrand MACHET / Contributeur Editorial - n° : 947561336 Collection : Gamma-Ra

Une des plus hautes aussi avec 42 mètres sous la grande voute, 17 sous les voutes des bas côtés. Déjà rien que la pierre. Une cathédrale d’or pourvu que le soleil s’y mette en jouant avec cette pierre de Jaumont qui fera toujours de Metz une ville originale. Ensuite, les vitraux. C’est d’ailleurs grâce à eux que la cathédrale est surnommée « la lanterne du bon Dieu ». 

Immense surface de vitraux pour "la Lanterne du bon dieu"

6500 M2
6500 M2 © Getty - Claudius THIRIET / Contributeur Editorial - n° : 965753236 Collection : Gamma-Ra

Elle possède la plus grande surface de vitraux de France. 6500 M2. En gros, mis à plat et bout à bout, ça représente quasiment un stade de foot. Les plus anciens datent du moyen âge. Je ne peux évidemment pas passer à côté des vitraux signés Marc Chagall. Côté architecture, elle a une histoire pas banale cette cathédrale. D’abord elle est née de la fusion de deux églises, très anciennes, bâties non loin l’une de l’autre, mais pas dans le même sens. Plutôt que de tout dézinguer pour construire une cathédrale archi neuve, les messins ont eu l’idée de réunir les deux églises en les agrandissant. A propos de messins, elle est si liée à l’histoire de Metz qu’elle porte en elle une particularité, celle de contenir le beffroi, la célèbre tour de la Mutte, qui vient de « ameuter » autrement dit prévenir d’un danger. Elle est intégrée à la cathédrale, ce qui symbolise bien l’union intime entre la ville et sa cathédrale et entre les habitants et leurs évêques. La Mutte a sonné pour avertir du danger, le feu par exemple, mais le duc de Lorraine aussi, qui se serait bien vu croquer Metz. Aux XVIII on l’a jugée ringarde, on n’aimait pas le gothique, on lui a donc abîmé le portail pour rajouter un truc tout à fait d’époque, des colonnes, très classiques. Ce sont les prussiens qui vont remettre le porche à la mode gothique en cassant le porche XVIIIe pour en refaire un tout neuf à la fin du XIXe siècle, et en donnant à l’une des statues le visage de l’empereur Guillaume II, une sorte de signature qui est restée quand Metz est revenue à la mère Patrie en 1918. 

Même si le centre Pompidou a su se faire sa place, la merveille de Metz, celle qui symbolise cette ville étonnante, restera toujours la belle Cathédrale. 

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