Replay du vendredi 29 mai 2020

La Lorraine c'est beau... Comme les jardins de nos grand-mères

Chaque jour Jérôme Prod'homme nous raconte ce qu'il trouve beau ou bon en Lorraine. Aujourd'hui, il s'épate des jardins de nos "mémères" comme on dit en Lorraine...

Jardin lorrain (détail)
Jardin lorrain (détail) © Radio France - Jérôme Prod'homme

La Lorraine c’est beau comme un jardin de grand-mère. Vous savez ceux que nos grands-mères aimaient à montrer, dont elles prenaient soin. C’est le genre de souvenir qui fait de l’enfance un éternel été, avec mamie, ou mémère, à s’étonner de tout ce qu’on peut trouver dans un jardin et qu’elle vous montre, en disant des noms que vous ne retenez pas, mais qui vous reviennent subitement avec une bouffée d’émotion en revoyant telle ou telle fleur des années plus tard. Des jardins de grand mères il y en a encore des milliers bien sûr, moi j’en ai vu tout joli du côté du Xaintois, derrière la maison comme il se doit. Un jardin de rose ancienne. Pas ces roses joufflues qu’on nous propose désormais, non. Ces roses à la couleur incertaine parfois, ou flaschy d’autres fois. Les pivoines, magnifiques, douces comme des édredons et perpétuellement fatiguées puisque leurs grosses têtes les font pencher. 

Des glaïeuls, des myosotis, et des souvenirs d'enfance comme un éternel été...

jardin en lorraine
jardin en lorraine © Radio France - Jérôme Prod'homme

Dans ce jardin de grand-mère on voyais émerger ces glaïeuls qui vont ériger leurs couleurs vers le ciel de lorraine dans les jours qui viennent, un peu avant les lupins qui sont tout autant curieux de relever. Un jardin de grand-mère, c’est la fin de ces myosotis, blanc, rose ou bleu, qui poussent un peu comme ils veulent et dont les fleurs nous rappellent le service en arcopal aux myosotis bleu qu’on trouvait souvent chez nos grand mères. Bientôt viendront les dahlias, si énormes, les phlox, qu’on ne voit plus si souvent dans les jardins d’aujourd’hui et que nos grands-mères vénéraient. De même le fuchsia accompagnera l’été avec ses fleurs suspendues comme des boules de verre sur les sapins anciens. Bientôt on verra arriver les soucis, ces fleurs orange électriques, qui portent bien leur noms puisqu’elles arrivent ou elles veulent et quand elles veulent. Qu’on entende roucouler une tourterelle, pas bien loin sur un fil électrique ou depuis le vieux lilas, qu’on entende la grille d’entrée grincer un peu, qu’on sente l’herbe mouillée et un peu la pivoine et on y est, dans le jardin de la grand-mère. Et c’est toujours ce moment là que choisi le cœur pour ouvrir le jardin des souvenirs, ou se trouve parfois la grand-mère, au centre, comme le beau rosier qu’elle a planté et qui continue de réjouir l’œil de ses descendants, des années plus tard, au détour d’une journée de printemps en Lorraine. 

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