Replay du vendredi 10 mai 2019

Stop à la Rigidité et la Psychologie

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C Ma Santé avec  Guy Lesœurs, psychothérapeute
C Ma Santé avec Guy Lesœurs, psychothérapeute © Radio France - Servane Estarellas

Contre la rigidité mentale. Mettre de la souplesse dans sa vie 

Il est vrai que nous rencontrons des personnes qui ne savent pas s’adapter au changement par manque de souplesse psychologique. D’ailleurs, on les appelle des psychorigides, en langage courant : des butés ou des bornés. Mais le font-ils exprès ou sont-ils toujours ainsi, immuables dans leur raideur mentale ? C’est la question. Est-ce leur personnalité, leur caractère ou une attitude mentale destinée à se défendre contre ce qui leur est incompréhensible et qui leur génère de l’angoisse ?

Quand une personne ne veut pas comprendre ou qu’elle ne veut pas vous donner raison, elle manque de flexibilité et d’ouverture d’esprit ce qui est agaçant pour les autres et cela la dessert. 

En psychanalyse, cette rigidité mentale apparente s’appelle résistance et blocage quand la personne s’oppose à modifier quelque chose dans sa vie ou quand elle évite de parler d’un sujet qui la gêne.

La rigidité mentale peut être aussi évoquée comme symptôme dans certaines formes du spectre autistique qui restent dans ce qu’on appelle l’immuabilité, car les autistes ont horreur du changement, dans les démences séniles ou encore chez l’obsessionnel compulsif qui a fait une fixation sur un schéma répétitif dont il ne veut surtout pas sortir car il s’angoisse.

Qu’est-ce qui empêche les personnes d’être ouvertes ?

Il faut qu’un esprit soit ouvert ou fermé !

Ce qui empêche d’ouvrir les vannes de son mental, c’est une très petite tolérance à l’incertitude. Si vous n’avez pas envie de discuter, si vous avez peur de la vérité, si vous sentez que vous allez être pris au piège par votre réponse ou si vous ne voulez prendre aucun risque, alors vous vous fermez vous-même comme un sous-marin devenu étanche. On appelle cela « la fermeture cognitive » c’est-à-dire que vous devenez imperméable aux idées des autres et vous n’exprimez plus rien des vôtres. La peur des autres, le manque de confiance en soi, la timidité peuvent passer pour de la psychorigidité, ne l’oublions pas.

Vous allez sortir un livre début juin sur les Personnalités invivables aux Editions Le Dauphin, y abordez-vous les psychorigides ?

Dans ce livre, je décris 20 personnalités difficiles et mon ami illustrateur de talent, Maurizio, en a dessiné les caricatures. La plupart des « caractères » que ce soit le défait-triste, le mythomane, la glaçonne sont des psychorigides qui ne savent pas ou ne veulent pas s’adapter au monde qui les entoure. Ils ne font pas confiance, contrôlent tout et voient le mal partout. Ils sont persuadés d’avoir raison et n’admettent pas la contradiction. Il faut savoir qu’ils en souffrent et que les autres ne les apprécient guère.

Comment se comporte un esprit souple et ouvert ?

Les esprits que l’on nomme ouverts le sont d’abord par rapport aux autres. Ce sont des êtres sociaux et sociables qui recherchent les défis de toute nature. Curieux, ils ne sont pas empêchés et vont de l’avant, avec l’étincelle de la créativité et toujours prêts à essayer les nouvelles pistes.

Si l’on a l’esprit ouvert aux neurosciences, on dira que la plasticité cérébrale (qui est le fait de tous) est leur atout majeur. Une idée en amène une autre qui va faire un pont avec une autre et cela enrichit leurs connexions neuronales sous–jacentes. 

Croyez-vous qu’un psychorigide puisse changer ?

Cela paraît assez difficile mais ce n’est pas rédhibitoire. En fait, il faut essayer de lever ses inhibitions et sa peur viscérale de l’incertitude en montrant les bénéfices qu’il a pu obtenir en étant plus ouvert au changement. En psychothérapie, c’est long mais cela vaut le coup. 

Les personnes psychorigides ont une tendance à la dépression et à l’anxiété surtout quand elles sont obligées de changer (déménagement, poste...). 

Dans ma pratique, j’ai très souvent affaire à des personnes « fermées » aux autres. Il faut débloquer leur expression, leur redonner confiance en elles et dans les autres et surtout leur ouvrir des opportunités de développer leur créativité. Un grand chantier ! 

Mon nom est Guy Lesœurs. Je suis psychothérapeute, psychanalyste , sexologue clinicien . Je fais partie de diverses sociétés savantes comme la Société Française de Recherche et de Médecine du Sommeil et la Société Française de Santé Publique. 

J’exerce depuis 13 ans en activité libérale au Paradou à quelques kms des Baux de Provence. Je reçois, les adultes, les adolescents, les couples et les enfants à partir de 10 ans.

Je suis titulaire d’un master 2 de psychologie, de divers diplômes d’université touchant à la santé psychique notamment dans l’approche transculturelle, la gestion du stress et les traitements neuropsychiques des traumas (Intégration des Mouvements Oculaires/EMDR ou le Brainspotting R. 

J’interviens comme conférencier et dans les médias écrits, télé ou radio afin de faire comprendre de manière didactique et concrète ce que sont la psychothérapie professionnelle, la psychanalyse, la sexologie et leurs applications en pratique clinique. 

J’ai longtemps collaboré avec Osmose-Radio à Avignon, avec 3DFM d’Arles (émission avec des détenus) et aujourd’hui avec France Bleu Gard-Lozère. Mon prochain livre, édité aux Editions du Dauphin (Paris), sort en mai 2019. Son titre est « Les personnalités invivables illustré par des caricatures de Maurizio et préfacé par le Pr Gérard Ostermann. Il s’agit d’un guide pratique relationnel (et de survie) avec des descriptions de personnalités difficiles et toxiques dans la vie quotidienne ou au travail et avec des conduites à tenir pour les comprendre, vivre avec, les éviter ou les gérer.

www.guy-lesoeurs-psy.fr 

www.guylesoeurs.com

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