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C Ma Santé Guy Lesoeurs, notre psychoyhérapeute
C Ma Santé Guy Lesoeurs, notre psychoyhérapeute © Radio France - Servane Estarellas

Le Sommeil et la Psychologie

Diffusion du vendredi 12 avril 2019 Durée : 4min

Avoir un bon sommeil : une préoccupation majeure surtout chez les adultes et les seniors ? 

Oui, bien sûr. Le  sommeil est extrêmement important pour la santé physique et psychique.  D’ailleurs, on emploie un grand nombre d’expressions relatives au  sommeil (dormir sur ses deux oreilles, dormir à points fermés, ne dormir que d’un œil, dormir comme un ange etc.) C’est un besoin vital. 

Les perturbations du sommeil font partie des plaintes les plus souvent exprimées dans nos cabinets de psy,  et nous observons que les médicaments dits hypnotiques sont très largement et trop facilement utilisés. Le sommeil perturbé est très difficile à corriger car il dépend de nombreux facteurs.  

On ne peut pas pour autant dire que le sommeil soit de tout repos vu toute l’activité que l’on déploie dans le sommeil (rêves, cauchemars) et toutes les perturbations qu’il endure.  

Est-ce que tu as bien dormi ? C’est la phrase très habituelle et quasi rituelle du matin au réveil qui va plus loin que le traditionnel « comment ça va, ce matin ? »  Cette question est cependant essentielle car nous passons plus du quart de notre vie à dormir. La durée idéale du sommeil pour un adulte serait, OMS dixit, de 8 heures par jour. Bien entendu, cela peut varier selon les personnes mais un bon sommeil, dit réparateur, est de cet ordre. Cependant, c’est à la personne elle-même de déterminer son besoin individuel de sommeil comme je le montrerai. avec un test simple dans le conseil du jour. 

Le sommeil n’est donc pas du temps perdu car il nous permet de vivre. Oui, on entend souvent : « quand je dors, je perds mon temps ».  Oui, je l’entends aussi et surtout chez les adultes. Or, on sait maintenant et les études le montrent que le manque de sommeil est dangereux pour notre système immunitaire, notre résistance au cancer, pour notre système cardio et cérébro-vasculaire. Le manque de sommeil chronique est la porte ouverte sur les maladies mentales telles que la dépression, le trouble d’anxiété généralisé et favorise le burnout professionnel, entre autres. 

Le manque de sommeil favoriserait aussi la maladie d’Alzheimer.  Il y a aujourd’hui une sorte d’épidémie de manque de sommeil, avec une apologie de l’insomnie comme si la veille excessive était productive. C’est une justification erronée de ce manque de sommeil. Dans la vie aujourd’hui, il faut être absolument actif et dormir est synonyme d’une passivité coupable (style Gaston Lagaffe) voire de petite mort. Il n’y a pas de place pour les marmottes ! A cela, il est nécessaire de rappeler que le sommeil est éminemment utile et qu’il signifie repos du corps et de l’esprit dans le sens qu’il permet la relance de toute notre activité diurne. C’est bien évident.  

Mais le besoin de sommeil varie avec les individus ? Bien entendu, le sommeil varie selon la personne et avec  l’âge. C’est ainsi que le nourrisson dort entre 12 h et 18h. Chez les  seniors, c’est très variable car 22% rapportent des troubles du sommeil  et la moitié des seniors prennent des somnifères. Heureusement, ils font souvent la sieste mais il faut savoir que cela se fait au détriment de leur temps de sommeil nocturne. Et puis, il y a le travail posté, les boîtes de nuit je veux dire ceux qui les tiennent et ceux et celles qui les fréquentent assidûment, ce qui nécessite une adaptation importante.  

L’insomnie, parlons-en justement. Plus de 50% de la population générale en France ont des troubles du sommeil. Nous voyons beaucoup d’insomniaques devant lesquels nous sommes assez démunis en psychothérapie si ceci est vécu comme le problème essentiel voire obsessionnel. Il existe plusieurs types d’insomnie : l’insomnie d’endormissement, celle du ré-endormissement et celle du petit matin. Cependant l’insomnie même chronique (sauf cas particuliers) n’est pas une maladie  mais un symptôme de nombreux troubles psychiques comme la dépression,  le trouble d’anxiété généralisée etc. La psychothérapie de quelque  nature qu’elle soit n’a donc pas pour objectif de rétablir le sommeil mais, en prenant en charge l’ensemble du trouble, elle aura un effet latéral sur le trouble du sommeil. C’est sans doute parce que la cure analytique, par la détente qu’elle procure et grâce à la résolution des conflits internes qu’elle induit, peut donner de bons résultats.  De toute façon, la psychothérapie, les méthodes de relaxation corporelle et la méditation sont préférables aux médicaments hypnotiques. Faire une lecture du corps (body scan) par exemple, peut amener le sommeil. La détente physique et psychique favorise l’endormissement et elle s’apprend auprès du thérapeute avec un ensemble de règles très précises comme de programmer toujours à la même heure son coucher et son lever, de ne pas prendre de stimulant (caféine, alcool, sucre, chocolat etc.) et de pas se coucher devant un écran. 

Mais finalement, il y a les couche-tard et les couche-tôt qui se couchent « comme les poules » ?  Bien sûr. Mais se coucher ne signifie pas, pour autant, dormir. Cela me rappelle la phrase de Raymond Devos que je trouve très juste « Se coucher tard nuit ». Le jeu de mots est intéressant. S’endormir  très tard n’est pas la solution à l’insomnie car le dormeur peut se  réveiller plusieurs fois et ne plus se rendormir.  Cependant, ce qui compte, selon les experts médicaux du sommeil, c’est la régularité. Il vaut mieux ne pas décaler son rythme de sommeil si on s’est couché plus tard que d’habitude : il faut se lever à son heure habituelle.  

Le conseil du jour Comment savoir si j’ai réellement bien dormi c’est-à-dire si mon sommeil a été suffisant ?  Cela revient à dire comment savoir si je dors mon compte ?  Voici un test que j’utilise maintenant presque systématiquement dans ma pratique clinique. Ce sont deux questions simples évoquées dans le livre récemment sorti de Matthew Walker « Pourquoi nous dormons » aux Editions La découverte.  

  • Question 1 : après vous être réveillé le matin, pourriez-vous vous rendormir vers dix ou onze heures ?  
  • Si la réponse est oui, vous ne dormez pas assez ou pas assez bien.  
  • Question 2 : après vous être réveillé le matin, pourriez-vous fonctionner de façon optimale jusqu’à midi sans caféine ?  
  • Si la réponse est non, vous palliez votre manque de sommeil par un stimulant. 
C Ma Santé Guy Lesoeurs, notre psychoyhérapeute - Radio France
C Ma Santé Guy Lesoeurs, notre psychoyhérapeute © Radio France - Servane Estarellas

Mon nom est Guy Lesœurs. Je suis psychothérapeute1, psychanalyste2 , sexologue clinicien3 . Je fais partie de diverses sociétés savantes comme la Société Française de Recherche et de Médecine du Sommeil et la Société Française de Santé Publique.  

J’exerce depuis 13 ans en activité libérale au Paradou à quelques kms des Baux de Provence. Je reçois les enfants à partir de 10 ans, les adultes et les couples. 

Je suis titulaire d’un master 2 de psychologie, de divers diplômes d’université touchant à la santé psychique notamment dans l’approche transculturelle, la gestion du stress et les traitements neuropsychiques des traumas (Intégration des Mouvements Oculaires/EMDR ou le Brainspotting R.  

J’interviens de façon bénévole comme conférencier et dans les médias écrits, télé ou radio afin de faire comprendre de manière didactique et concrète ce que sont la psychothérapie professionnelle, la psychanalyse, la sexologie et leurs applications en pratique clinique.  

J’ai longtemps collaboré avec Osmose-Radio à Avignon, quelquefois avec 3DFM d’Arles (émission avec des détenus) et aujourd’hui avec France Bleu Gard-Lozère. Mon prochain livre, édité aux Editions du Dauphin (Paris), sort en mai 2019. Son titre est « Les personnalités complexes ou le bal des gens pires » illustré par des caricatures de Maurizio. Il s’agit d’un guide pratique relationnel avec des descriptions de personnalités difficiles et toxiques dans la vie quotidienne ou au travail et avec des conduites à tenir pour les éviter ou les gérer. 

Tél :  06 50 30 09 80/ 04 90 18 24 43 

Mail guy.lesoeurs@guy-lesoeurs-psy.fr 

Sites et blogs : www.guy-lesoeurs-psy.fr / www.guylesoeurs.com