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C Ma Santé avec  Guy Lesœurs, psychothérapeute
C Ma Santé avec Guy Lesœurs, psychothérapeute © Radio France - Servane Estarellas

Ça coince ! Difficulté de parler, à s’ouvrir et à s’affirmer.

Diffusion du vendredi 31 mai 2019 Durée : 4min

Il y aurait comme un nœud quelque part qui empêcherait la personne de s’exprimer. C’est bien entendu lié à un déficit, devenu chronique, de confiance en soi et en les autres. Il faut le dénouer et cela ira mieux...c’est vite dit et pourtant !

Selon la psychanalyse, ce serait lié à la peur abandonnique qui est une anticipation d’être rejetée. La personne n’a pas envie de se mettre en avant par la parole car elle a peur soit de la réaction négative des autres soit même de leur réaction positive qui la mettra trop sur le devant de la scène pour l’abandonner ensuite. 

Vous allez me dire, en tant que psychanalyste, que cela vient de l’enfance !

Oui, mais pas que ! Certes, l’origine de cette timidité et de ce défaut d’estime de soi vient le plus souvent de l’enfance mais il peut provenir d’un événement traumatique actuel de l’âge adulte comme une rupture, un deuil etc.. 

Prenons l’enfance.  Soit des parents trop sévères ont bridé la spontanéité de l’enfant qui s’est replié sur lui-même par suite de quelques expériences cuisantes soit a contrario des parents qui ont trop idéalisé leur enfant qui n’a jamais pu se hisser au niveau requis et qui sent bien qu’il les a déçus et que ce n’est pas la peine. 

Il y a aussi la mère poule qui a tellement voulu préserver son petit contre les aléas de la vie, dès sa prime enfance, qu’il ne s’est jamais senti armé pour s’ouvrir au monde et s’affirmer face aux autres.

Il se peut aussi que l’enfant ait été humilié devant ses frères et sœurs, devant ses camarades, affublé d’un surnom désobligeant, affligé d’une malformation physique et qu’il se soit, de fait, replié sur lui-même. 

La trace de ce traumatisme si minime soit-il mais qui atteint votre estime de soi peut se réveiller à l’âge adulte et vous bloquer.

Cela peut s’être aussi construit insidieusement parce que les épreuves de la vie ont été très difficiles à surmonter. 

Rassurez-vous. La timidité n’est pas un vilain défaut. Selon les sources plus de la moitié de la population pense qu’elle est timide.

Comment faire pour ?

D’abord il faut un minimum de narcissisme. En effet, si vous n’êtes pas capable de vous aimer et vous vous sentez toujours coupable de ne pas être à votre place, il faut absolument faire quelque chose. 

Vous considérez que si vous ne vous ouvrez pas aux autres c’est de votre faute. 

Ensuite, il faut se faire aider car il est difficile de s’en sortir tout seul quand on est adolescent ou adulte et qu’on s’est rigidifié dans une attitude de retrait. 

Ce n’est pas facile de franchir la porte du psychothérapeute Or, souvent la personne timide et effacée qui souffre d’un syndrome abandonnique ou d’un traumatisme a peur de faire un travail avec un psychothérapeute tout simplement parce qu’elle a peur de commencer et d’être abandonnée. Si elle doute d’elle-même, elle doute encore plus des autres et a fortiori de son thérapeute. 

Le maître mot est la confiance. C’est le pré-requis pour ce qu’on appelle l’alliance thérapeutique qui permettra de restaurer la confiance en soi et de s’ouvrir au monde.

En fait, le thérapeute doit être aidant certes mais surtout un révélateur de ressources de la personne qui, ainsi, pourra s’en servir. 

C’est comme un bateau échoué qui attend trois choses : la marée, le vent pour avancer et un capitaine pour naviguer. Il est loin de la mer, n’ose pas se mettre à l’eau et se tient sur ses béquilles. 

Alors il a besoin d’eau porteuse et d’un pilote et puis ensuite, mis suffisamment en confiance il hissera les voiles. 

Ce travail sur soi est long et difficile. On peut revisiter l’enfance, bien sûr mais en même temps il faut donner des clés pour que la personne fasse des expériences le plus rapidement et progressivement possible. 

C’est en effet dans l’action réussie que le timide va reprendre confiance et s’affirmer. Tout un programme de réflexion sur soi et d’actions précises.

Mon nom est Guy Lesœurs. Je suis psychothérapeute ARS, psychanalyste, sexologue clinicien . Je fais partie de diverses sociétés savantes comme la Société Française de Recherche et de Médecine du Sommeil et la Société Française de Santé Publique. 

J’exerce depuis 13 ans en activité libérale au Paradou à quelques kms des Baux de Provence. Je reçois, les adultes, les adolescents, les couples et les enfants à partir de 10 ans.

Je suis titulaire d’un master 2 de psychologie, de divers diplômes d’université touchant à la santé psychique notamment dans l’approche transculturelle, la gestion du stress et les traitements neuropsychiques des traumas (Intégration des Mouvements Oculaires/EMDR ou le Brainspotting R. 

J’interviens comme conférencier et dans les médias écrits, télé ou radio afin de faire comprendre de manière didactique et concrète ce que sont la psychothérapie professionnelle, la psychanalyse, la sexologie et leurs applications en pratique clinique. 

J’ai longtemps collaboré avec Osmose-Radio à Avignon, avec 3DFM d’Arles (émission avec des détenus) et aujourd’hui avec France Bleu Gard-Lozère. Mon prochain livre, édité aux Editions du Dauphin (Paris), sort en mai 2019. Son titre est « Les personnalités invivables illustré par des caricatures de Maurizio et préfacé par le Pr Gérard Ostermann. Il s’agit d’un guide pratique relationnel (et de survie) avec des descriptions de personnalités difficiles et toxiques dans la vie quotidienne ou au travail et avec des conduites à tenir pour les comprendre, vivre avec, les éviter ou les gérer.

Tél :  06 50 30 09 80/ 04 90 18 24 43 Mail guy.lesoeurs@guy-lesoeurs-psy.fr

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