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C Ma Santé avec Guy Lesœurs, psychothérapeute © Radio France - Servane Estarellas

La famille en discorde : gérer les conflits

Guy Lesoeurs

La famille en discorde : gérer les conflits

Les querelles de famille... un sujet vieux comme le monde ! 

La famille est le lieu de tous les conflits et même des règlements de comptes vieux de plusieurs générations... Comment un psychothérapeute qui, en plus, est thérapeute de couple, voit-il les choses ? Je crois que vous avez, en plus, un DU de médiation...

Oui, j’ai été formé à la médiation à l’université Paris 2 et j’ai pratiqué pas mal de médiations. Les histoires de conflits en général c’est très compliqué mais en famille c’est parfois beaucoup plus compliqué et il n’est pas du tout certain qu’un médiateur extérieur, même chevronné, puisse être d’un grand secours. 

Avec l’expérience, je suis de plus en plus persuadé que nombre de conflits n’ont pas vraiment de solutions sinon très bancales et qu’il faut savoir vivre avec et le plus souvent se satisfaire de compromis. 

Si l’on y tient vraiment, le mieux est de faire intervenir, à condition que la famille le désire, une personne de la famille au-dessus de tout soupçon... bien que cela soit difficile car il y a toujours de près ou de loin  un enjeu.

Dans ce champ de discorde familiale, il y a quand même de l’espoir ? 

Oui, bien sûr.  Dans cette chronique, je ne parlerai pas des conflits entre époux, des ruptures et des divorces et leurs conséquences et je ne parlerai pas non plus des héritages...Je parlerai des conflits ordinaires qui pourrissent la vie. 

En psychologie, la notion de conflit est centrale. Pourquoi ? parce que le conflit c’est la vie. L'individu est en conflit perpétuel avec lui-même, avec les autres et avec son milieu. C’est pourquoi l’analyse de l’interaction est primordiale dans son contexte, environnemental, familial, culturel... C'est le réseau d'interactions des personnes qui va donner un sens ou ...un non-sens aux conflits et ensuite au compromis.

Le bon médiateur familial est celui qui va donc observer d’abord comment cela se passe ?

Oui, exactement, c’est pour cela qu’il est nécessaire, pour relativiser et mieux gérer les conflits familiaux, de considérer les alliances, les oppositions et les enjeux qui animent la famille, le noyau familial ou la famille élargie.

D’abord, il ne faut pas avoir peur du conflit. Un conflit est naturel et souvent sain car il permet de faire sortir ce qui latent et refoulé. 

Mettez deux personnes ensemble et c’est un conflit en puissance. Le conflit naît de la non satisfaction c'est-à-dire de la frustration.

Cependant, les conflits dans la famille laissent des cicatrices, par exemple, quand la famille éclate en morceaux...et il existe des conflits plus insidieux qui laissent aussi un goût amer. 

Très souvent, les tensions se déroulent avec des mots blessants, accompagnés de sous-entendus qui en disent long. Au milieu de tout le bruit ou dans ce silence glacial il y a les sauveurs, les personnes de bonne volonté qui essayent de s'interposer et de faire la paix dans la famille. Ils servent souvent aussi de fusibles. 

Existe-t-il une conduite à tenir pour une personne de la famille qui voudrait jouer les bons offices ? 

Oui, cette conduite à tenir relève du bons sens et vient du cadre applicable dans toute médiation qu’elle soit familiale ou autre. 

Le premier principe est que les gens en présence acceptent que les choses soient (enfin) dites, même si toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire...

Pour moi, il existe en outre 3 autres règles qui sont indispensables :

1.    N’est pas médiateur qui veut et surtout pas si vous êtes partie prenante dans l’affaire car il vous faudra être neutre et impartial et surtout que les protagonistes vous perçoivent bien ainsi. Il faut donc que tout le monde soit d’accord pour que vous soyez le médiateur ou bien alors vous faites venir et vous payez un médiateur patenté. 

2.    Choisir le bon moment pour aborder le conflit. Ce n’est sûrement pas en période de pleine crise qu’il faut intervenir ! Et pourtant, on est souvent appelé comme pompier quand la maison brûle !

3.      Rester calme, quoiqu’il arrive, tout au long de la séance et ne pas se laisser déborder par ses états d’âme et les enjeux des uns et des autres.

4.    Garder en mémoire le schéma que je répète à chaque fois : faire exprimer par chacun des protagonistes : ses pensées, ses émotions et ses actions ou prises de position (ce que j’appelle le PEA) et essayer de les mettre en perspective avec leurs conséquences et les mettre en paroles factuelles et concrètes. L’alignement des pensées, des émotions et des actions par la parole calme permet de mettre à plat les problèmes et de se mettre d’accord.

▪        En résumé, quand on veut laver son linge sale et rester en famille, il faut accepter d’en parler, de vivre avec ou choisir une personne reconnue par la famille comme sans parti-pris et sage, équilibré, juste, volontaire, ferme et sans (trop) d’enjeu et d’âge mûr et puis... que le sort en soit jeté...

Guy Lesoeurs

guy.lesoeurs@guy-lesoeurs-psy.fr

guy.lesoeurs@kerux.fr
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Tel: 06 50 30 09 80 / 04 90 18 24 43 

Psychothérapeute, Psychanalyste, Sexothérapeute