C Ma Santé

Du lundi au vendredi à 9h40

Guy Lesoeurs, psychothérapeute
Guy Lesoeurs, psychothérapeute © Radio France - Servane Estarellas

Dépression saisonnière et mal de tête

Diffusion du vendredi 25 octobre 2019 Durée : 4min

Parlons aujourd’hui des maux de tête. 

Oui, mes patients se plaignent souvent de maux de tête, de céphalées dites de tension. Ils décrivent que leur tête est « enserrée comme dans un étau ». Ils disent que c’est insupportable car cela les empêche de se concentrer et même de travailler, de lire ou de dormir. 

J’observe que c’est souvent le fait de personnes qui n’arrêtent pas de ruminer leurs idées négatives autour de quelque chose de grave et quelquefois d’une broutille qui n’a pas été « digéré ». Une fois la rumination installée, le fameux « psychotage » comme on dit dans le Sud, il leur est difficile d’en sortir et cela majore leur tension nerveuse et donc le mal de tête, entre autres symptômes. 

La rumination est un cercle vicieux que nous connaissons bien surtout chez les personnes qui ont vécu des traumatismes ou qui vivent dans un état de stress permanent. 

Il s’agit littéralement d’une prise de tête avec des idées fixes tournantes liées à l’événement traumatique et une perpétuelle inquiétude pour tout et rien. Les symptômes associés sont des cauchemars, des troubles digestifs des palpitations et des oppressions thoraciques et des céphalées.

Je demande toujours au patient de faire un bilan avec son médecin généraliste pour éliminer une cause organique si les symptômes sont persistants. 

En général, les traumatisés ou les personnes stressées avec somatisations me sont adressés par un médecin ou un collègue qui sait que je suis praticien certifié en Intégration Mouvements Oculaires et en Brainspotting.

Je suppose que cela va avoir un effet sur les symptômes dont le mal de tête si la rumination cesse ?

En fait, c’est un peu plus compliqué que cela. La rumination vient d’une répétition en boucle de l’événement traumatique majeur ou de la situation de stress ponctuelle ou permanente qu’a vécu ou vit encore le patient et qu’il revit encore soit en étant éveillé soit sous forme de cauchemars, la nuit. Sa pensée et ses émotions sont très perturbées par la charge douloureuse du souvenir traumatique. Cette rumination peut amener des maux de tête mais aussi déclencher une crise d’angoisse. 

J’imagine qu’il est difficile pour le patient de faire cesser tout seul sa rumination et les symptômes qui l’accompagnent. 

Oui, car on n’y arrive pas avec la seule prise de conscience. Prenons l’exemple d’un traumatisme violent, par exemple une personne qui se trouve dans la même voiture accidentée que le conducteur qui est mort au volant. Le souvenir de l’événement ne s’est pas inscrit normalement dans la mémoire et cette expérience déborde les capacités du patient à faire face. C’est comme si le cerveau était un disjoncteur qui a pris une sur-tension et ne réussit pas tout seul à s’en sortir. 

L’Intégration par les Mouvements Oculaires (IMO) et maintenant le Brainspotting, deux méthodes dont je suis certifié, vont permettre de réinscrire dans la mémoire l’événement. 

Pouvez-vous nous expliquer brièvement comment cela se passe ?

En fait, les 2 méthodes utilisent le champ visuel car les yeux sont en contact direct avec le cerveau. Selon un protocole précis et codifié, le cerveau ré-intègre cette expérience douloureuse comme un souvenir débarrassé des émotions et  ressentis corporels exacerbés et, par la suite, la rumination cognitive excessive cesse. Ceci réduit, à long terme, d’autant la symptomatologie somatique, je veux dire, troubles digestifs, oppression thoracique, palpitations et céphalées. 

Pour moi qui pratique l’IMO et surtout le Brainspotting, ces méthodes sont efficaces mais il faut les pratiquer en étant dûment formé, en avoir l’expérience et être supervisé régulièrement car faire revivre un traumatisme au patient n’est pas anodin. Nous sommes, en France, une vingtaine de psychothérapeutes, psychiatres et psychologues, dont 3 dans le Sud à être formés au Brainspotting par son concepteur, le Dr David Grand (New York) et supervisés régulièrement par lui-même. 

David Grand a écrit un livre intitulé « La thérapie brainspotting pour vous libérer de vos traumatismes et de vos somatisations » aux Editions Trédaniel en 2015. Très récemment, un ami et collègue, le Dr Christian Zaczyck, psychiatre, a publié aux Editions Odile Jacob un livre « Guérir de ses traumatismes avec le Brainspotting », un reportage en juillet 2019 sur Télé-matin lui a été consacré. 

Guy Lesoeurs

guy.lesoeurs@guy-lesoeurs-psy.fr

guy.lesoeurs@kerux.fr
blogs et sites : guy-lesoeurs-psy.fr
guy lesoeurs.com et glartis.com 

Tel:  04 90 18 24 43