Replay du jeudi 22 avril 2021

Quel est l'impact du changement climatique sur les migrations d'oiseaux marins ?

Le réchauffement climatique pourrait très rapidement bouleverser la vie des oiseaux migrateurs marins. C'est ce que démontre une étude menée par le CNRS.

Le macareux moine vit en haute mer en Atlantique nord et ne rejoint la terre que pour sa reproduction.
Le macareux moine vit en haute mer en Atlantique nord et ne rejoint la terre que pour sa reproduction. - David Grémillet

L'été, près de 300 espèces d'oiseaux se retrouvent en Arctique pour se reproduire. Mais à la vitesse où vont les choses avec le changement climatique, c'est en 2050 que l'Arctique pourrait être privé de glace. 

Comment alors les oiseaux pourront-ils parcourir cette région sans pouvoir s'y poser pour se reproduire ? Des chercheurs se sont penchés sur le sujet pour savoir quelles seront les espèces en capacité de supporter un voyage plus lointain et une modification substantielle des zones d'hivernage. 

David Grémillet, du Centre d’Etudes Biologiques de Chizé (CNRS / La Rochelle Université) et Manon Clairbaux du Centre d’Ecologie Fonctionnelle et Évolutive (CNRS / Université de Montpellier / EPHE / IRD) ont étudié l'impact de deux scénarios opposés sur ces migrations de cinq espèces d’oiseaux marins : le macareux moine, le mergule nain, la mouette tridactyle, et deux espèces de guillemots. 

La mouette tridactyle vit dans le Pacifique et l'Atlantique nord, elle se reproduit dans des falaises.
La mouette tridactyle vit dans le Pacifique et l'Atlantique nord, elle se reproduit dans des falaises. © Getty - Mark L Stanley

Premier scénario : nous ne réduisons pas les émissions de gaz à effet de serre. Deuxième scénario : nous respectons l'Accord de Paris (traité international sur le réchauffement climatique) en limitant le réchauffement climatique global à 2°C par rapport aux niveaux préindustriels.  

Dans le premier cas, les chercheurs s'attendent à des déplacements vers le nord des aires d’hivernage. Le mergule nain, par exemple, verra sa zone d'hivernage diminuer. Mais c'est de l’autre côté de l’océan arctique jusque dans le Pacifique, que cette espèce pourrait trouver de bonnes conditions de vie. 

Le voyage est certes plus long, mais les scientifiques ont prouvé que les mergules nains  auront moins de dépenses énergétiques qu'avec le trajet actuel.  

Respecter les objectifs de l'Accord de Paris limitera les changements de répartition des habitats des oiseaux marins de l'Atlantique Nord.