Ça vaut le détour : l'invité

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Chansons au fil du temps qui passe
Chansons au fil du temps qui passe

Le chanteur Gilbert Troutet et Laura Laune

Diffusion du jeudi 28 février 2019 Durée : 39min

Gilbert Troutet, Québécois d'adoption, auteur compositeur interprète est notre invité avant ses concerts à Bannans ce weekend !

Gilbert Troutet prend la parole:

 La dernière fois que j’ai présenté un concert dans le Haut-Doubs, c’était en juillet 2016 pour la clôture du Festival de l’Eau vive, qui a lieu chaque année à Bannans, mon village natal. J’avais avec moi deux excellents musiciens pour m’accompagner : Bertrand Crépeault, pianiste et violoniste, et mon fils Gaëtan, qui touche à plusieurs instruments. Les deux résident comme moi au Québec.  L’an dernier, l’Association Villar’Scènes m’a invité à donner un concert à Besançon, mais cette fois en solo. La formule semble avoir été appréciée et près de 150 personnes y ont assisté. 

C’est un répertoire que j’ai intitulé Chansons dans mes cordes, qui me permet de présenter mes propres chansons, mais aussi celles de grands auteurs d’ici et du Québec.  Mon dernier disque date de 2016 : Chansons du temps qui passe. Le précédent, Chansons pour dire, était accompagné d’un recueil de textes de chansons et de poésie : Mots et cris. J’ai aussi publié un CD en 2014 : Quand viendra la lumière, Paroles et musiques de Noël.  Ce « retour au village », les 2 et 3 mars prochains, aura encore une saveur particulière. Des chansons comme Il était un château, Mon enfance, Mon père, évoquent les endroits mêmes où j’ai passé mon enfance. L’événement est organisé par l’Association pour la restauration de l’église de Bannans, à laquelle seront versés les bénéfices des deux concerts.  

Pour ce qui et de ma « carrière », elle a commencé dans le domaine culturel à Besançon, à l’Association franc-comtoise de culture, qui avait son siège dans la maison natale de Victor Hugo. Comme nous étions dans l’organisation de spectacles, de conférences, de ciné-club, j’ai eu l’occasion de rencontrer quelques personnalités comme Georges Brassens, Serge Reggiani, Bernard Clavel, Alfred Sauvy… À l’époque, je m’intéressais au chant choral et je suivais des stages avec Michel Gentilhomme, un musicien de talent. Je côtoyais aussi Gérard Dalton, de St-Claude, un des premiers à faire de la chanson traditionnelle comtoise.  Mon intérêt pour la chanson et la poésie ne s’est jamais démenti. En 1976, j’ai enregistré rapidement à Besançon un disque 33 tours, dont « les gens du pays » me parlent encore. Arrivé dans l’Ouest canadien, j’avais pour mission de constituer un programme culturel en français à l’université.

Accessoirement, j’ai fait de la radio, dirigé un ensemble de chant folklorique, mis sur pied un chœur d’enfants. Radio-Canada (radio et télévision) m’a invité pour des émissions où j’ai pu présenter quelques-unes de mes chansons. 

Des titres comme Les pionniers, La chanson du vent, Nègres blancs, Un petit prince est revenu datent de cette période.  En 1983, je suis entré au gouvernement du Canada, où j’ai fait l’essentiel de ma carrière. Après dix ans en Saskatchewan, nous avons décidé de migrer au Québec, en pays francophone. Quand mes enfants sont arrivés au secondaire, je suis retourné à l’école pour un diplôme de 2e cycle en administration internationale, à l’ÉNAP (École nationale d’administration publique). Ce qui m’a conduit à prendre de nouvelles responsabilités dans le domaine de l’immigration et des réfugiés. C’est pourquoi j’étais de temps en temps à Genève ou à Strasbourg, pour l’ONU ou le Conseil de l’Europe.  

Parmi mes intérêts, j’ai toujours été photographe à mes heures, gagnant quelques prix, publiant ou exposant ici et là, collaborant même à une revue photographique québécoise, Photo Solution.  Au début des années 2000, je me suis mis sérieusement à écrire : articles, poésie, nouvelles… En 2005, après la publication d’un premier recueil et d’un disque, je suis monté sur scène de plus en plus souvent. Avec le groupe Les Vigoureux Cacochymes, j’ai participé à plus d’une centaine de spectacles depuis 2007, notamment Chapeau Brassens ! et B comme Brel, Béart, Brassens, Bécaud…,  qui nous ont menés jusqu’au Centre national des Arts, à Ottawa.   J’ai voulu dernièrement revenir à mes propres chansons. D’où les concerts solo des dernières années et le nouvel album qui est paru en 2016. De plus, j’ai deux manuscrits à soumettre aux maisons d’édition qui voudront bien me publier : un recueil de poésie, un autre de nouvelles (dont quelques-unes relatent des épisodes de la résistance dans le Haut-Doubs).  Si l’on voulait me qualifier, je crois qu’on pourrait dire que je suis plutôt « un artisan de la chanson », de la même manière que mon père fabriquait de ses mains des outils et des objets, avec patience et avec soin. J’aime aussi le contact avec le public, qui me permet de communiquer mes émotions.