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Callejon

Le samedi à 12h05

Rafaelillo, Fernando Robleño et Javier Castaño

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Grand final à Mont-de-Marsan : superbe course de Miura, nouveau triomphe de Rafaellilo (deux trophées).
Grand final à Mont-de-Marsan : superbe course de Miura, nouveau triomphe de Rafaellilo (deux trophées). © Radio France - Henri Stassinet

Cinquième et dernière corrida du cycle, arènes pleines encore pour la 4e fois en 5 spectacles : toros de Miura pour Rafaelillo, Robleño et Castaño. Superbe course de clôture, très émouvante, une corrida d’une très grande intensité. Deux fois une oreille pour Rafaelillo qui est donc l’un des triomphateurs de la feria.

Les Miura sont entrés dans le Moun pour un final d’apothéose, une "miurada" selon la terminologie qui en a fait une appellation d’origine dans le type de la mythique histoire de cet élevage. Course dure, violente, intense, cruelle par instant, en bordure de drame parfois. Six merveilleux toros en présentation, du haut de gamme, le gratin, hauts, longs comme des bus, larges de berceaux, forts de cornes, saillants des hanches, dans les canons zoo-morphologiques de l’espèce. Un régal pour les yeux, Le chemin des dames, La tranchée des baïonnettes pour les toreros. Trois hérauts sans concession ni à leurs peurs ni aux dommages possible. Des cuadrillas exemplaires, et Tito Sandoval, piquero royal, brigadier chef de la cavalerie intègre.

Un suspens de deux heures trente qui aboutit au triomphe éclatant de Rafaël Rubio "Rafaelillo". Le matador de Murcia s’impose deux fois en offrant son corps guidé par son savoir et sa volonté d’acier. Il tue d’un glaive de wisigoth son premier. Même combat épique au cinquième Miura, lequel monte trois fois au cheval en partant du centre. Suit une faena de samouraï ! Robleño, lui, un ton au dessous demeure cependant dans la dignité d’une soirée rare.

Javier Castano à Mont-de-Marsan - Radio France
Javier Castano à Mont-de-Marsan © Radio France - Henri Stassinet

Castaño, enfin, en survie à son premier Miura est héroïque face au denier, rouquin armé comme un cuirassé qui va… Cinq fois à la cavalerie, pour des montées au cheval sans bravoure mais avec race et violence du ton générale de la course. Après midi de feu. Inoubliable

Soirée difficile pour Fernando Robleno. - Radio France
Soirée difficile pour Fernando Robleno. © Radio France - Henri Stassinet

Au temps du bilan global

Manzanares, Fandiño, Urdiales et Rafaelillo, plus le novillero Gines Marin, on tient là le quintet majeur des triomphateurs de la cuvée 2014. Miura, Victorino Martin et La Quinta, la tierce victorieuse en matière de bétail. Madeleine est encore un grand cru pour la quatrième année. Par la réponse du public d’abord : quatre pleins, trois corridas de "no hay billete".

L’arène montoise en perdition il y a moins de dix ans est à nouveau une référence. Succès dans le montage. Débutée avec la corrida la plus accessible pour Manzanares, Morante, Dufau et les Zalduendo, la feria s’est terminée sur un récital ganadero avec deux formidables courses de toros, Victorino Martin et Miura. Intelligemment fait cela ! Les recalés du podium ont laissé trace eux aussi : Dufau qui fait la meilleure faena de sa carrière, Ferrera retour de purgatoire, Adame qui confirme, Aguilar malchanceux à l’épée mais tellement nécessaire. Finalement c’est El Juli qui se fait détruire par la caste de Fandiño et l’envie de tous les autres. Le Plumaçon n’est plus le jardin du madrilène capricieux qui s’est trouvé d’autres héros, vertueux, tatoués au panache, intègres. Tout le monde gagne.