Replay du mardi 7 juillet 2020

À Saint-Vaast-La-Hougue, Mathilde fabrique des sacs avec des poches à huitres trouvées sur l’estran

- Mis à jour le

À Saint-Vaast-La-Hougue, Mathilde fabrique des sacs avec des poches à huitres trouvées sur l’estran et les poches de réforme

bande de pochons.
bande de pochons. - Mathilde LETABLIER

Mathilde LETABLIER est une enfant du pays. Elle travaille sur l’ile TATIHOU où elle est chargée des expositions. Régulièrement, elle est amenée à parcourir l’estran et à partir en formation. Ces deux éléments vont faire germer en elle une idée géniale.   

Des déchets sur l’estran à recycler   

Si Saint-Vaast la Hougue est connu pour ses parcs à huitres, la pollution qu’ils engendrent n’est pas négligeable. Des poches se détachent et viennent se poser sur le fond en attendant d’être récupérées.   

« La personne qui trouve une solution pour ramasser les déchets de l’ostréiculture sur l’estran et qui en ferait quelque chose ne manquerait jamais de fournitures » se dit alors Mathilde LETABLIER.     

Mathilde LETABLIER
Mathilde LETABLIER - Mathilde LETABLIER

En allant ramasser du bois flotté, elle trouve une poche et la remplit… L’idée d’un sac construit à partir de ce matériau est née.   

Matière résistante et légère

La matière est légère, résistante.   Les premiers prototypes de « pochons » voient le jour en novembre 2019. Des amis, des collègues servent de cobayes… Un à un, ils seront « validés ».   

Mathilde LETABLIER présente le pochon cherbourgeois
Mathilde LETABLIER présente le pochon cherbourgeois - Mathilde LETABLIER

Mathilde LETABLIER se tourne alors vers la CCI de Cherbourg. « J’y ai croisé des gens d’une profonde bienveillance ». En février 2020, elle pose les statuts de son entreprise. Le site a été finalisé dès lors avec une e-boutique. Si les pochons sont disponibles dans quelques lieux de distribution, elle préfère les choisir « par affinités ».

« à partir de mi-juillet, les Offices de Tourisme du Cotentin vont avoir leur propre pochon… en exclusivité et en édition spéciale ! »   

C’est une activité plaisir. Mon métier me plait ! 

« Ça répond à plein de problématiques qui remontent en ce moment après la pandémie. Là, on a de l’artisanat local avec des produits de récupération ! On prend le contrepied de la mondialisation » estime Mathilde LETABLIER.   

Le pochon, ça peut être plein de choses… Le matériau est très malléable.    

Moi je fais pour l’heure un cabas « à tout faire ». Plage, courses, pic-nic, ça sert à tout. Je fais des cartables de travail… Mais aussi des sacs à main avec des cuirs que je récupère près de Rennes. Des cuirs traités sans métaux lourds. Ce sont des surplus de maroquiniers européens.  

Il y a au minimum deux heures de travail sur chaque pochon. Tout est fait à la main. Mathilde LETABLIER utilise assez peu d’outil pour travailler, pas de machine-outil non plus, hormis ceux nécessaire à la découpe.    

Je ne suis pas la première à faire ça, mais mes modèles sont uniques, et déposés. Mon truc à moi c’est le recyclage. Ça, personne ne le propose !   

Un cabas signé Mathilde LETABLIER
Un cabas signé Mathilde LETABLIER - Mathilde LETABLIER

Les ostréiculteurs mobilisés

Mathilde LETABLIER a noué des amitiés : « le GAEC LA TATIHOU tenu par Stéphanie et Guillaume Lefèvre a aussitôt été emballé par le projet. Le couple me fournit en poches de réforme. D’autre ont suivi le mouvement. »  

En bref, les pochons de Mathilde ont le vent en poupe !

Le site web