Replay du lundi 28 septembre 2020

A Nyons, la Scourtinerie réinvente à chaque génération un savoir faire unique

La Scourtinerie est le dernière fabrique de scourtin de France, un savoir-faire unique pérennisé par la famille Fert depuis cinq générations.

Sophie et Frédérique, 5ème et 4ème génération de la famille Fert-Villeneuve
Sophie et Frédérique, 5ème et 4ème génération de la famille Fert-Villeneuve

Le Scourtin vient du mot provençal qui signifie « coufin ». C'est un filtre circulaire qui recueille la pâte d'olive dans le pressage traditionnel de l'huile d'olive. Ce procédé était déjà utilisé dans la Grèce antique. Les scourtins étaient alors fabriqués en vannerie avec de l'herbe d'alpha. 

Cette fabrication perdure jusqu'au XIXème siècle. Dans les années 1880, les presses à huile évoluent et deviennent "hydrauliques". Les scourtins en vannerie traditionnelle ne tiennent plus la pression.

La Scourtinerie
La Scourtinerie

A l'époque, Marie et Ferdinand Fert travaillent dans le tissage. Ferdinand Fert crée alors une machine à tisser les scourtins. Il sélectionne un nouveau matériau : la fibre de  coco qui servait en cordage de marine. Le coco est imputrescible et très résistant. Le modèle fait l'objet d'un dépôt de brevet par Ferdinand Fert en 1892. Ces scourtins nouvelle génération étaient utilisés toute la saison, dégraissés, rincés, mis à sécher et stockés jusqu'à la saison suivante. 

En 1956, deux événements changent le cours de l'histoire de la Scourtinerie. Le gel de février 1956 est catastrophique pour la Provence. Après une période de chaleur inhabituelle qui conduit à une montée de sève dans les végétaux, une vague de froid polaire gèle les arbres. Du jour au lendemain, la quasi totalité des moulins ferme. Parallèlement, la tension monte en Algérie. Les échanges avec les moulins algériens, de très gros clients de la Scourtinerie, sont stoppés. 

La Scourtinerie
La Scourtinerie

L'histoire a failli s'arrêter là. Mais à l'époque une tradition en Provence veut que l'on utilise les anciens scourtins comme paillasson. La Scourtinerie se met donc à fabriquer des paillassons et à teindre ses cordages. En, 1958, quand Jacques Tati, dans son film Mon oncle, place trois scourtins en paillasson sur le devant d'une villa, c'est un coup de pub inespéré pour la fabrique familiale.

Mon Oncle de Jacques Tati (1958)
Mon Oncle de Jacques Tati (1958)

Désormais, la Scourtinerie fabrique non seulement des paillassons, mais aussi des dessous de plats ou sets de table plus petits, ou des tapis mesurant jusqu'à 2,5m de diamètre, toujours selon la même méthode traditionnelle. 

La Scourtinerie
La Scourtinerie

Et comme l'innovation court dans la famille, Arnaud Fert, 4ème génération, crée en 2017 un filet d'ombrage tissé en coco laissant passer l'air. Les Ombrières de la Scourtinerie sont nées et rencontrent un vif succès. 

Les ombrières de la Scourtinerie
Les ombrières de la Scourtinerie

Aujourd'hui, six personnes travaillent à l'année à la Scourtinerie dont trois membres de la famille Fert, Arnaud et sa soeur Frédérique, à leurs côtés Sophie, fille de Frédérique, la 5ème génération. La Scourtinerie a le label Entreprise du Patrimoine Vivant. Un savoir-faire traditionnel à découvrir au coeur de son Musée du scourtin, sur le site de la fabrique. 

La Scourtinerie
La Scourtinerie

Les produits de la Scourtinerie

  • scourtins de 25 cm à 2,5 m : dessous de plat, sets de table, paillassons, tapis
  • ombrières
  • scourtins pour les derniers moulins à huile traditionnels du Var et de Corse

Où trouver les produits de la Scourtinerie ?

La Scourtinerie

36, La Maladrerie
26110 Nyons, France

04 75 26 33 52 - 04 75 26 06 52

www.scourtinerie.com

contact@scourtinerie.com

La Scourtinerie
La Scourtinerie