Replay du mercredi 1 juillet 2020

Circuits courts en Loire-Atlantique : A Saint-Nazaire, Thomas Riera, de cinéaste à boulanger

- Mis à jour le

Faire un film prend des années, et du pain, une journée. Pour Thomas Riera, s'engager dans une formation de boulanger, c'était renouer avec une certaine idée de la fabrication artisanale. Pour le réalisateur de documentaire, concevoir un pain aux céréales locales non modifiées prend tout son sens.

 Thomas Riera dans sa boulangerie Les Pains Maritimes, à Saint-Nazaire. Le cinéaste confectionne un pain à l'ancienne au levain
Thomas Riera dans sa boulangerie Les Pains Maritimes, à Saint-Nazaire. Le cinéaste confectionne un pain à l'ancienne au levain - Thomas Riera- Les Pains Maritimes

Ecrire, tourner, monter, mixer, étalonner. Est-ce-que ça rime avec moudre, pétrir, lever, pointer, enfourner ? Dans un documentaire peut être. Un de ceux que Thomas Riera a réalisés, et dans lequel on retrouve sa patte artisanale. Mais aux Pains Maritimes à Saint-Nazaire, le cinéaste à la veine sensible d'une quarantaine  d'années aborde le pain avec plus de sensualité que le cinéma. C'est un corps-à-corps avec la pâte, la terre d'où proviennent les céréales et qui lui donne ses arômes, la région où il vendra son pain.

Engagé dans l'aventure il ya quelques mois, ce riverain d'Herbignac n'a pas réfléchi longtemps avant de se lancer dans l'aventure. Et de s'engager bille-en tête dans une formation de fabrication du pain. L'élément déclencheur, c'est de réaliser qu'il est possible de fabriquer du bon pain en respectant la nature, de concert avec les agriculteurs locaux. Quelques mois plus tard,  le scénario s'emballe : il rencontre, Charlotte, David, et Jean-Marie, des Pains Maritimes, à Saint-Nazaire.

Les Pains Maritimes à Saint-Nazaire
Les Pains Maritimes à Saint-Nazaire - Les Pains Maritimes- Thomas Riera

Le tournant pour lui, c'est de découvrir que face à la foule de boulangeries industrielles, fabriquer du pain au levain sauvage et au bon goût de terroir retrace une véritable chaîne humaine : agriculteurs, meuniers, boulangers, et au bout de la chaîne, le client ravi du goût et de la saveur du pain, sur les marchés ou en boutique. Pour ce travail d'équipe, un rassemblement qui réunit meuniers, boulangers et agriculteurs se tient une fois par an, grâce à la réunion de professionnels sous la bannière de l'Association Greniers Bio d'Ici. Objectif : proposer une variété de graines anciennes et biologiques qui deviendront céréales, puis farines, et enfin du pain et diversifier l'offre dès le stade de la semence, d'année en année.

Petit épeautre, sarrasin, blé ancien ou plus récent, les céréales en provenance de Vendée et Loire-Atlantique sont sélectionnées avec le moins de modification possibles. Une agriculture biologique. Et pour se faire ce film quotidien, Thomas Riera se lève à 5h du matin chaque jour. Au programme : récupérer la farine déposée par les meuniers, pétrir, lever et attendre un peu avant un résultat final goûtu, fruit du travail commun local. Quand vient le lever de rideau sur la croûte du pain encore fumante, pas de spectateurs en salles, mais des papilles toujours plus nombreuses qui se bousculent au portillon.

Sur son grand écran, Thomas avoue qu'il rêve toujours de salles obscures. Ou plutôt à un cinéma local, qui cohabiterait avec son propre fournil d'ici trois ou quatre ans, dans un futur lieu de vie rurale, avec en son centre une boulangerie et un café. Local, convivial, et biologique. Une jolie fin en guise de happy-end ! Avec, bien sûr, pour seuls décors, les territoires de Vendée et de Loire-Atlantique.

La page Facebook des Pains Maritimes

L'association Grenier Bio d'Ici