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il ne pense qu'à ça
il ne pense qu'à ça © Getty - Getty

L'addiction sexuelle, ça existe ?

Diffusion du lundi 20 janvier 2020 Durée : 2min

Les psys ont tendance à nommer cela le « donjuanisme » : ce besoin de séduire les femmes et en général de coucher avec elle, et même sans forcément en ressentir du plaisir ! L'addiction sexuelle, on en parle avec le docteur Jean-Jacques Erbstein :

L'addiction sexuelle ça concerne qui ?

Peu d’études sur le sujet et pas de limites claires et bien définies mais...

Concerne environ 3 à 6% de la population sexuellement active dont 80% des hommes 

Les signes de la dépendance sexuelle : 

- multiplier les partenaires sexuels même si on est en couple et heureux en couple 

 - sont  attirés par le jeu de séduction et quand c’est fait,  ils abandonnent et passent à la suivante, excités par l’idée de plaire à une nouvelle conquête 

- accroc aux films pornos ! peuvent les regarder à longueur de journée, ou rencontres/discussions cybersex sur la toile...

- se masturbent tout le temps, de façon compulsive : exemple 5, 10, 15 fois par jour ou plus, même s'ils ont des rapports fréquents avec 1 partenaire ! 

- certains le font tellement de fois qu’ils peuvent arriver à se blesser l’organe de façon plus ou moins grave, s’irriter ! 

- avoir envie n’importe où n’importe quand ! au bureau, au repas en famille du dimanche, ou la nuit se lever pour cela !

- quand ils ne le font pas ou pas assez, ils sont anxieux, irritables, de mauvaise humeur : un peu comme le fumeur qui n’a plus de cigarettes !  état de manque

- comme une perte de contrôle, on ne pense qu’à ça, il faut absolument assouvir ses pulsions, au détriment d’une vie sociale ou autres activités qui vont passer en retrait...

- constamment dans la demande, le besoin d’assouvir ses pulsions, obsession : si la partenaire refuse alors agressivité, manipulation pour arriver à ses fins, fait culpabiliser le conjoint...

 Cette addiction est souvent accompagnée d’une autre addiction ou plusieurs : alcool, drogues…

Attention la sexualité n’est pas déviante pour autant : rien à voir avec des délires de pédophilie, zoophilie, viols etc...

Les addicts au sexe n’éprouvent paradoxalement pas de véritable satisfaction dans l’acte en lui-même

Causes : antécédents familiaux, éducation, traumatisme ?

La plupart de ces personnes sont dans le déni de leur pathologie et se considèrent comme des séducteurs tout simplement

Traitement ?

Le corps médical se doit de prendre cette addiction au sérieux.

Thérapie : les TCC (techniques cognitives comportementales), apprendre à relever l’estime de soi, 

parfois des antidépresseurs