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La baguette
La baguette © Getty

Qui se cache derrière la Banette, la Baguépi et la Festive ?

Diffusion du lundi 21 octobre 2019 Durée : 3min

Pour faire du bon pain, il faut de l'eau, de la levure, un savoir-faire et de la farine.

Il y a longtemps, très très longtemps, pratiquement chaque village avait son moulin et son meunier qui fournissait de la farine aux boulangers de la commune. 

Mais depuis le début du siècle dernier, ça ne fonctionne plus comme ça du tout !

Il y a ce que l’on appelle des « grands moulins » : plusieurs meuniers se regroupent et créer des moulins énormes qui cette fois ne vont pas fournir juste le boulanger du village… mais les boulangers de toute la région. 

Et ce sont d’ailleurs des mosellans qui vont inventer la fabrication de farine à grande échelle

Les frères Vilgrain. Ils étaient de Metz mais lorsque la Moselle est annexée, ils filent à Nancy pour créer des grands moulins dans la ville en 1917 (à Nancy, ils sont bien connus, ce sont les grands bâtiments que l’on voit dans le prolongement de la pépinière en allant vers Saint-Max, aujourd’hui l’activité est très restreinte mais jusqu’en 1996, ça tournait plein pot). Les meuniers autour de Strasbourg, de Paris, tout ceux du centre de la France aussi (que l’on surnomme le grenier à blé) vont prendre exemple sur ce que les mosellans ont fait à Nancy, c’est à dire se regrouper et faire des grands moulins. Aujourd’hui, les grands moulins sont surtout devenus de grands groupes qui se font concurrence et qui, pour séduire les boulangers indépendants, ne proposent pas que de la farine.  

Et c’est là qu’arrive la banette

Le nom date de 1981. Cette année là, plusieurs meuniers se regroupent dont les grands moulins de Strasbourg et les moulins de Toul. 1981, c’est une période où les hypermarchés commencent à attaquer les boulangers : ils recrutent d’anciens artisans indépendants et font de gros efforts pour faire du pain de qualité. Banette, c’est la réponse de ces meuniers à la grande distribution. Contre un peu d’argent, les boulangers obtiennent la recette inventée par Banette (un pain au bout pointu) et doivent se fournir auprès des meuniers qui ont inventé la banette, évidemment c’est la contre-partie. Les meuniers fournissent aussi les sacs à pain, animent la boulangerie en proposant des jeux concours et inventent toujours de nouvelles recettes. Tout le monde est gagnant : les meuniers qui obtiennent de nouvelles boulangeries et les boulangers qui obtiennent un sérieux coup de main en marketing. 

La banette est un vrai carton… surtout chez nous dans l’Est

En 1989, le groupe Soufflet qui a les grands moulins de Corbeil et de Pantin en région parisienne (mais qui a aussi Neuhauser), crée la même chose sous le nom de Baguépi.

Baguépi va monter d’un cran en explosant son budget pub à la télé : les boulangers qui se fournissent chez Soufflet sont ravis, eux qui n’ont pas les moyens de faire de la pub, ils vont pouvoir se reposer sur le nom baguépi qui inonde les écrans de télé. 

C’est encore un service de plus que proposent les meuniers aux boulangers : LA PUB ! 

La festive appartient au groupe "festival des pains", groupe de 33 meuniers implantés partout en France. 

La campaillette appartient aux grands moulins de Paris. 

Ces 4 labels et les boulangers qui y adhèrent vendent 360 millions de baguettes par an.