Replay du vendredi 2 avril 2021

On a retrouvé le filleul du président Pompidou... à Fameck

- Mis à jour le

Il y a 47 ans, le 2 avril 1974, disparaissait le président de la République Georges Pompidou. Deux ans plus tôt, avril 1972, il est en visite en Lorraine, notamment à Hayange, où une foule immense l'attend sur la grande place. Mais Georges Pompidou n'est pas venu que pour la politique...

Alexandre Senes, filleul du président de la République Georges Pompidou, est aujourd'hui électricien à Fameck
Alexandre Senes, filleul du président de la République Georges Pompidou, est aujourd'hui électricien à Fameck

C'est une vieille tradition, très peu usitée dans l'histoire et aujourd'hui oubliée : une famille de plus de 13 enfants pouvait demander au président de la République d'être le parrain du petit, ou de la petite, dernier(e). Le général de Gaulle a pratiqué la coutume (il offrait même des cadeaux à ses filleules et filleuls), plus rarement ses successeurs à l'Elysée. Georges Pompidou accepte toutefois en 1972 - le fait est rarissime - de parrainer le 14e enfant de Jeanine et Georges Senes, habitant à Algrange. C'est Georges Senes qui a entamé les démarches, en liaison avec le sous-préfet de Thionville. Lorsque Georges Pompidou arrive à Hayange en avril 1972, il prend quelques minutes pour aller rencontrer son filleul, Alexandre Senes, alors âgé de 20 mois. Tandis que dehors la foule (10 000 personnes) attend et que s'envolent quelques sifflets (la situation est tendue, ce sont les premières reconversions industrielles), Georges Pompidou papote avec Jeanine et Georges, tapote la joue d'Alexandre. "Alors, comment va-t-il ?" "Bien !" "Tant mieux, le pauvre petit, on le fait souffrir aujourd'hui. Je lui souhaite bonne chance dans la vie". Aujourd'hui, Alexandre Senes a 51 ans, il est père de quatre enfants, vit à Fameck et exerce la profession d'électricien, après avoir été opérateur régleur en système d'usinage et militaire, dans la Marine, sur le porte-avions Clémenceau. S'il est fier de ce parrainage présidentiel, il n'a pas fondamentalement changé sa vie... Peut-être l'événement a-t-il simplement obligé Alexandre à savoir se montrer très convaincant dans les conversations. Il raconte : "Quand on discutait avec des amis, il arrivait parfois qu'un demande : et toi, c'est qui ton parrain, ta marraine ?" "Ben, moi, c'est mon oncle", "Ma tante", "Ma cousine", "Ma grande soeur"... "Et moi je devais être convaincant quand je répondais : moi, mon parrain, c'est le président de la République !"    

En 1972, à Hayange, Georges Pompidou et le petit Alexandre Senes, habillé en marin (il entrera plus tard dans la Marine !) ©Républicain Lorrain
En 1972, à Hayange, Georges Pompidou et le petit Alexandre Senes, habillé en marin (il entrera plus tard dans la Marine !) ©Républicain Lorrain