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Cours toujours, tu m'intéresses, Bleu Poitou

Le samedi à 7h20. Rediffusion le dimanche à 8h41.

Abandon sur blessure, ça peut arriver
Abandon sur blessure, ça peut arriver © Radio France - Vincent Hulin

Courir peut devenir une drogue

Diffusion du samedi 12 mai 2018 Durée : 2min

La bigorexie : c'est une addiction à la pratique du sport à une fréquence excessivement importante. Alors je ne sais pas si le taux de divorce et de séparation est supérieur ou non à la moyenne nationale n'empêche le piège c'est qu'on devient vite addict.

Alors ne souriez pas car ça peut vite vous arriver. Combien de fois j'ai entendu des débutants qui après plusieurs semaine ou mois de pratique me disent :" En ce moment je n'ai plus le temps ou je suis blessé et ne pas courir me rend dingue je suis comme un lion en cage".

On déplace alors le curseur du kilométrage et le temps de course

Quelque soit la raison attention de ne pas devenir irascible pour ceux qui vous entourent que ce soit au travail ou à la maison. Si vous ne pouvez plus courir et que vous êtes en manque ils n'y sont probablement pour rien. Surtout qu'avec la pratique du trail on veut toujours aller voir un peu plus loin. On déplace alors le curseur du kilométrage et le temps de course. J'ai souvenir d'une anecdote  dans les couloirs de France Bleu Poitou où un collègue me dit "_C'est quoi ta prochaine course ? - oh c'est une petite course de 110 km aux Canarie_s". A ce moment précis je lis dans son  regard  un peu de stupeur et d'incompréhension. Je lui précise " oui quand on fait des courses qui font minimum 160 km voir des centaines de bornes sur plusieurs jours " tout devient relatif.

Courir plus de 100 km n'est pas anodin et ne doit pas être banalisé

Et c'est là le piège, attention de ne pas rendre normale une chose qui ne l'est pas. Courir plus de 100 km n'est pas anodin et ne doit pas être banalisé.   Se pose aussi la question de l'abandon.   Quand peut-on se permettre d'abandonner ? Ca fait 15 ans que je cours et je n'ai abandonné qu'une seule fois et sur blessure. Sur la fameuse traversée de la Grande Canarie, je chute en pleine nuit, et je m'ouvre le crane. Même si ma tête pisse le sang j'arrive à rejoindre le poste de secours et j'espère avec un strip repartir dans la course. Le médecin m'explique que la plaie est trop importante et qu'il faut me transporter aux urgences pour me recoudre.  Je refuse 10 secondes et puis après je repense à ma femme et à mes enfants à qui j'ai promis d'être raisonable avec ma santé et ne pas prendre de risque. Un message: soyons à l'écoute de nos proches et quand mon fils de 8 ans  me demande "papa je te mets une assiette ce soir ? tu dines avec nous ? " alors oui je comprends qu'il faut que je sois un peu plus souvent à la maison et moins parti avec mes baskets. Allez bonne sortie !

toujours impressionant mais finalement peu douloureux - Radio France
toujours impressionant mais finalement peu douloureux © Radio France - Vincent Hulin