Cours toujours, tu m'intéresses, Bleu Poitou

Le samedi à 8h40 et 12h10

Parmi les médicaments consommés par les coureurs le Doliprane
Parmi les médicaments consommés par les coureurs le Doliprane © Maxppp - FI

La prise de médicaments et la course à pied

Diffusion du samedi 24 mars 2018 Durée : 2min

Alors qu'une étude nous explique que 10.000 personnes meurent chaque année en France à cause d'une mauvaise prise de médicaments, c'est l'occasion de faire le point sur la prise de médicament dans la pratique de la course à pied. Attention danger.

D'entrée de jeu balayons d'un coup pied les médicaments pris en préventif.

Fluidifier le sang: c'est une très mauvaise idée

Malheureusement aujourd'hui tant sur les courses sur route comme le marathon, mais aussi le trail et l'ultra trail, trop de coureurs prennent des médocs alors qu'aucune raison ne le justifie, en fait si. Ils partent du principe que prendre de l’aspirine, du paracétamol qui est l’antalgique le plus utilisé,  avant et pendant la course, va permettre de fluidifier le sang: c'est une très mauvaise idée. Deux motivations principales les animent : lutter contre les douleurs (ostéo-articulaires) mais aussi les troubles digestifs. Que vous ayez déjà mal ou pas prendre un médicament c'est masquer le signal que vous envoie votre cerveau. Sans encore parler de dopage le fait de vouloir taire et passer outre une douleur c'est quand même déjà tricher. 

Pendant une compétition de plusieurs heures les reins sont mis à rude épreuve, l'estomac aussi et ces organes ne peuvent plus qu'assurer le minimum vital. Autrement dit, la prise de médicaments comme des anti-inflammatoires peut être toxique et peut favoriser une destruction des cellules musculaires se compliquant d’insuffisance rénale

Une quantité incroyable de médicaments dont deux dopants

Toute prescription doit donc être faite par un médecin en connaissance de cause. D'ailleurs j'ai vu sur le Marathon Des Sables un docteur refusait de donner un anti-douleur à un coureur qui le réclamait mais qui semble-t-il n'en avait pas franchement besoin. Plus grave et là on parle de dopage. Sur la TDS,  l'une des courses autour du Mont-Blanc en 2014  on a fait une découverte stupéfiante. Dans la bousculade du début de course, au milieu des centaines de concurrents, l'un d'entre eux a perdu un sachet tombé de son sac avec à l'intérieur  une quantité incroyable de médicaments dont deux dopants : le Solupred et Prednisolone, sans oublier Doliprane 500  Voltarène,  Nurofene autrement dit un cocktail détonnant qu'il ne faut surtout pas mélanger et  avaler en même temps. Tout ça pour terminer une course de 160 km et remporter une veste sans manche avec le mot finisher. Mentir aux autres mais aussi se mentir à soi même. 

Dans la liste noire on retrouve aussi les fameux corticoïdes,  produits dopants, d'ailleurs sur mon ultra en Nouvelle Zélande j'ai vu des concurrents pouvoir terminer la course que grâce à la prise de cet anti-inflammatoire. Allez courez à l'eau et bonne sortie !