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Montagne
Montagne © Getty - Roberto Moiola / Sysaworld

L'air est il vraiment plus pur en montagne ?

Diffusion du mercredi 20 novembre 2019 Durée : 2min

La montagne ça vous gagne ! pour ces pentes enneigées propices à la glisse, mais son air est-il si bon pour la santé?

Des chercheurs du CNRS de Toulouse ont mené l'enquête. Après l'analyse d'échantillons de pluie et de neige à 1400 mètres d’altitude en Ariège durant l'hiver 2018, ils  ont détecté la présence très importante de micro-plastiques, 365 particules par m2 et par jour. C'est un chiffre élevé à comparer avec la concentration que l'on trouve dans des grandes villes comme Paris. Micro-plastiques dans la neige et la pluie sont aussi présent dans les alpes et même dans les glaces de l'Antarctique, selon une autre étude   Toujours aussi inquiétant on  trouve aussi  dans les zones montagneuses, un dépôt  de mercure et de plomb, par exemple au Tibet ou même des éléments radioactifs dans le Mercantour après l'accident de Tchernobyl », décrit Gaël Le Roux, biogéochimiste à EcoLab de Toulouse.  Ceux sont les pluies qui acheminent ces polluants dans ces contrés éloignés de l'activité industrielle ! Le relief propose aux polluants de véritable réceptacles.  Ces dépôts spécifiques aux montagnes sont appelés dépôts "orographiques". Les nuages bloqués par le relief montent en altitude, et au contact de températures plus froides, se transforment en pluie ou neige. Gaël Le Roux nous explique que les  précipitations, en montagne, sont de fait plus nombreuses et plus fortes et les contaminants se retrouvent alors davantage « piégés ». Plus il pleut, plus les particules sont lessivées.   Alors si la pollution augmente sur les hauteurs qu'en est-il des vallées ? Les vallées dites "cuvette" sont effectivement très impactées.  Le phénomène est plus important dans certaines vallées alpines. « Avec le phénomène d'inversion thermique spécifique aux vallées de montagne, l'air reste bloqué, ne se renouvelle pas et la pollution est accrue, d'où ces dépassements parfois des normes de poussières dites PM10, les fameuses microparticules », précise Gaël Le Roux. Le scientifique ajoute : « l'air est plus pur en haute altitude, mais pour autant la pollution atmosphérique impacte les vallées de montagne. Désormais, les moyennes altitudes sont aussi  touchées parfois par des masses d'air provenant des métropoles. Evidement si une montagne est située près d'une grande ville, d'usines ou d'axes routiers, la qualité de l'air respiré sera forcément plus mauvaise.