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Incendie
Incendie © Getty - Theodoros Zampetoglou / EyeEm

L’amazonie est-elle le poumon de la Terre ?

Diffusion du mardi 3 décembre 2019 Durée : 2min

Notre planète n’a pas un, mais plusieurs poumons !

Comparer l'Amazonie à un "poumon" qui produit "20% de l'oxygène" que nous respirons est trompeur et réducteur. Le véritable "poumon de la planète", ce sont plutôt les océans. L'Amazonie est, en revanche, d'une importance capitale pour la biodiversité et la régulation du climat du continent américain et c’est pour ça qu’il est important de la préserver. Professeur à l’Université de Pierre et Marie Curie et Président du Muséum national d'Histoire naturelle entre 2009 et 2015, Gilles Bœuf, a répondu au site curieux.live ! « La forêt Amazonienne, comme le fait nos poumons, absorbe du CO2 et produit de l’O2. Avec ses 6 millions de km², elle est, certes, la plus grande forêt tropicale au monde mais ce n’est pas le seul organe respiratoire de la planète ! Il faut compter avec le Bassin du Congo et les forêts tropicales humides de Bornéo et de Papouasie-Nouvelle Guinée », précise l’expert. Et d’ajouter « Et ce n’est pas tout, car nous occultons trop souvent le rôle de l’océan ! D’après le rapport du Giec, si l’atmosphère absorbe 50% des 10 gigatonnes de carbone émises par l’homme chaque année, le reste est absorbé à part égale par les végétaux terrestres et l’océan. Le phytoplancton marin, comme les plantes, fait de la photosynthèse et produit de l’oxygène. Mais si dans le passé, il a généré l’oxygène de notre atmosphère, aujourd’hui, ce gaz est consommé sur place par les organismes marins. » Ces poumons de la terre sont en danger ! On l’a encore constaté cet été avec les incendies volontaires à répétitions qui ont enflammé l’Amazonie cet été Gilles Bœuf s’interroge, « Entre l’évolution du climat et la gestion actuelle de la forêt, cet « organe » va-t-il pouvoir continuer à jouer son rôle de poumon ? La même question se pose aussi pour l’océan, qui avec le réchauffement verra sa capacité de stockage en carbone de plus en plus limitée. » Les premiers signaux d’alerte sont donnés : une étude récente de l’INRA, du CEA, du CNRS et du CNES  viennent de rendre  public une nouvelle étude qui montrent que le bilan carbone est en train de s’inverser pour les forêts tropicales Jadis positif, il est aujourd’hui globalement neutre.