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douleur © Getty - Pier Marco Tacca / Contributeur

Sommes nous tous égaux face à la douleur ?

Diffusion du vendredi 15 novembre 2019 Durée : 2min

Pourquoi vous êtes plus chochotte que votre ami ? et oui, nous ne sommes pas tous égaux face au mal !

Chacun d’entre nous vit la douleur plus ou moins bien « Il n’y a pas de douleur en soi, mais seulement des hommes douloureux », affirme depuis des années Guy Simonnet, professeur émérite à l’université de Bordeaux, membre de l’Institut de Neurosciences cognitives et Intégratives d’Aquitaine du CNRS. « Cela arrange la société d’offrir une médecine technique. Il y a une biologie bien sûr de la douleur, mais, dans les pratiques actuelles, cette médecine technique tend à effacer l’homme ». Guy Simonnet est l'un des auteurs de l'ouvrage « L'homme douloureux »  « Les tests qu'il a mis en place durant ces dernières années  ont montré qu'au niveau du ressenti de la douleur, nous ne sommes absolument pas égaux.   alors ça  ne se passe pas au niveau biologique ?  Non c'est plutôt lié au vécu ! Et ce, quel que soit le degré de gravité du dysfonctionnement organique, de la lésion, de la pathologie… Au niveau biologique, les individus ont peu de différences. La principale, c'est surtout notre histoire individuelle plus ou moins douloureuse ». Il y a, par exemple, de fortes probabilités de se montrer plus sensible à la douleur si on a un tempérament anxieux ou que l’on est placé dans un environnement plus ou moins stressant. « Il a été montré que les patients opérés d'un même geste chirurgical par la même équipe de chirurgiens et dans le même hôpital consomment 2,5 fois moins d’analgésies forts, en particulier d'opioïdes (morphine ou dérivés), quand ils sont placés après l'opération dans une chambre donnant sur les arbres du parc de l'hôpital que dans une chambre donnant sur les murs d'un autre bâtiment », illustre Guy Simonnet.  est ce que l’on peut devenir plus sensibles à la douleur ?  Les enfants qui ont eu une enfance difficile sont effectivement plus enclin à souffrir de mal de dos ou de migraines. Les accidentés en générales deviennent des hypersensibles à la sensation de douleur.  Pour le neurobiologiste Guy Simonnet, « le système de l’hypersensibilité et de mémoire se branche sur les réseaux neuronaux de la douleur…  Les recherches qu'il a effectué avec son équipe ont également montré que la prise plus ou moins fréquentes d’antalgiques, opioïdes, morphine peut entraîner à long terme de l'hyperalgésie, soit un ressenti exagéré à la douleur. Il est donc  essentiel de prendre en compte le psyché du patient et d'adapter la prise en charge de la douleur à son histoire.