Des Hommes et des Chevaux

Des hommes et des chevaux - Episode 08 - Le Berba

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Des hommes et des chevaux - Episode 08 - Le Berba

En Afrique, le principal ennemi du cheval, c’est la mouche.

Le pire ennemi du cheval, c’est la mouche.

Pas celle dont le harcèlement a inspiré à La Fontaine une de ses fables les plus célèbres (Le coche et la mouche ). Pas celles qui, dans nos contrées, sont la cause de toutes sortes de désagréments, petits ou grands, qui vont de la simple démangeaison à l’infestation intestinale. Non, celle qui tue : la mouche tsé-tsé, qui sévit en Afrique, dans les zones chaudes et humides.

Cette sale bestiole, dont le nom savant est la glossine, provoque chez les hommes une horrible affection, la trop fameuse maladie du sommeil (qu’on ne sait toujours pas soigner), et transmet aux chevaux une bactérie mortelle, le trypanosomose. C’est la virulence de ce fléau qui explique le fait qu’il y ait si peu de chevaux en Afrique noire, dès qu’on descend au-delà des régions sahéliennes, pour s’approcher des zones tropicales. Ils ne peuvent pas y survivre. À l’exception de quelques-uns – tels les poneys du Logone (environs du lac Tchad) dont il a été établi qu’ils étaient, sans qu’on comprenne très bien pourquoi, trypanotolérants, c’est-à-dire indifférents aux méfaits de la vilaine mouche.

Un africaniste breton, Michel Le Cornec, a découvert récemment au nord du Bénin, en limite de la réserve de la Pendjari, une seconde population de petits chevaux qui paraissent offrir la même résistance mystérieuse à la maladie : les chevaux berbas. Tête forte, encolure courte, ligne de dos horizontale et croupe légèrement avalée, étroits du devant mais vifs et endurants, ils ne toisent guère plus que 1 m 30 au garrot.

Utilisés autrefois par les chasseurs pour poursuivre et épuiser le gibier, ils ne sont plus aujourd’hui que quelques centaines, concentrés autour de la commune de Matéri, menacés d’extinction non pas à cause de la férocité de la tsé-tsé, mais plutôt faute d’emploi.