Des Hommes et des Chevaux

Des hommes et des chevaux - Episode 10 - Xénophon

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Xénophon: buste en marbre au Royal. Musée, Berlin

Voilà 2 500 ans qu’on le répète : il faut traiter les chevaux avec douceur.

Le plus célèbre traité d’équitation de l’Antiquité a été rédigé voici vingt-cinq siècles (dix siècles après le manuel de Kikkuli sur l’art d’entraîner les chevaux de guerre). C’est un texte magnifique qui, malgré son ancienneté, n’a pas beaucoup vieilli : la façon dont son auteur, le grec Xénophon (428 - 355 avant notre ère), parle du cheval, et de la nécessaire douceur avec laquelle il faut l’approcher, est incroyablement contemporaine : « La fougue est au cheval ce que la colère est à l’homme, écrit-il. de même qu’on n’irrite pas un homme si on ne lui cause, en parole ou en acte, rien de désagréable, de même un cheval, quelque impatient qu’il soit, ne se fâchera jamais si on ne lui fait quelque déplaisir » (IX, 2).

Issu d’une famille aisée d’Athènes, le jeune Xénophon fut d’abord tenté par la philosophie. Mais, s’il a manifesté jusqu’à la fin de sa vie un certain goût pour l’étude et la réflexion, il ne fut jamais un simple théoricien : cavalier lui-même, il s’engagea dans l’armée de Perse pour aider Cyrus le Jeune à s’emparer du pouvoir : c’est la fameuse expédition des Dix Mille (qu’il raconte dans un de ses livres, l’Anabase) . Après quoi il partit combattre – contre Athènes – dans la cavalerie spartiate. De ces expériences, il tira une œuvre abondante, en particulier un chef d’œuvre, De l’art équestre d’où sont tirées les quelques lignes ci-dessus.

Dans sa jeunesse, Xénophon avait beaucoup fréquenté Socrate, qui eut également pour élève Platon. Lorsque ce dernier se mit à son tour à enseigner la philosophie, il eut pour disciple un certain Aristote, lequel devint le précepteur du futur Alexandre le Grand, dont le premier exploit consista à vaincre, alors qu’il n’était encore qu’adolescent, les frayeurs de son cheval Bucéphale. Nul doute qu’il avait alors lu et retenu les recommandations de Xénophon.