Des Hommes et des Chevaux

Des hommes et des chevaux - Episode 11 - Le cob-normand

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Présentation d'un étalon Cob Normand au haras de St-Lô Photo : Larayevire

Dernière race française « à deux fins », le cob-normand devrait être classé Monument historique !

En passant d’une langue à l’autre, les mots, parfois, changent de sens. Ainsi le mot « poney » ne désigne-t-il pas tout à fait le même genre d’animal en France (où tout équidé toisant moins d’1 m 48 est mis dans cette catégorie, quelle que soit sa race) et en Argentine, par exemple, où le poney local, indispensable monture des joueurs de polo, est un cheval de 1 m 50 à 1 m 60 au garrot.

Il en va de même du mot « cob » qui, en Angleterre, désigne un type de chevaux plutôt petits, plutôt compacts, plutôt rustiques, tandis qu’en France, c’est le nom d’une race : le cob normand – dernière race française de chevaux dits « à deux fins », c’est-à-dire pouvant être employés indifféremment sous la selle ou sous le harnais : à la fois vifs et puissants, ils peuvent être montés ou attelés.

L’origine de la race est ancienne : certains croient pouvoir reconnaître des cobs normands parmi les chevaux représentés sur la tapisserie de Bayeux (XIème siècle). Amélioré au cours des siècles par des apports divers (carrossiers allemands du Mecklembourg, puis anglais du Norfolk), il est devenu un splendide cheval de 1m 60 et plus, à l’encolure charpentée, à la poitrine profonde, au dos court et musclé.

On considère généralement que le berceau de la race actuelle se trouve dans le Cotentin et spécialement dans la région de Saint-Lô, où, comme l’ont écrit deux spécialistes, Marcel Mavré et Étienne Petitclerc, « seul un noyau d’éleveurs passionnés maintient contre vents et marées » la survivance du cob normand, que d’autres ont qualifié de Monument Historique !