Des Hommes et des Chevaux

Episode 1 - Chauvet

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VALLON PONT D ARC ARDECHE Photo MaxPPP

Dès la préhistoire, l’homme est fasciné par le cheval.

Par sa grâce,  sa vitesse, sa vitalité, le cheval nous fascine depuis toujours. Bien avant d’avoir l’idée de le capturer, de le dompter pour s’en servir, l’homme l’a admiré.

De tous les animaux qui constituent le bestiaire préhistorique, il est celui qui a été le plus souvent peint ou gravé par nos lointains ancêtres : il occupe à lui tout seul entre le quart et le tiers de la totalité des œuvres inventoriées sur les parois des grottes.

L’exemple le plus célèbre est celui de la grotte Chauvet, située en Ardèche, au sud de la France. Découverte par hasard, le 18 décembre 1994, par trois spéléologues (dont un certain Jean-Marie Chauvet, qui lui a donné son nom), cette gigantesque cavité est couverte de fresques extraordinaires, où les animaux foisonnent : plus de quatre cents bêtes de quatorze espèces différentes, parmi lesquelles les chevaux occupent une place de choix, notamment sur un panneau de sept mètres de long où quatre d’entre eux, grandeur nature, surgissent des temps anciens. Et même très anciens puisqu’on estime qu’ils ont été dessinés (au charbon de bois) voici … 35 000 ans ! Oui, trois cent cinquante siècles !

On ignore pourquoi les hommes du paléolithique, à Chauvet comme, beaucoup plus tard, à Lascaux (15 000 ans seulement avant notre ère) ont pris tant de soin à représenter des chevaux : les préhistoriens se chamaillent à ce sujet. Pour les uns, il s’agissait d’une démarche déjà artistique. Pour d’autres, d’un rituel, destiné par exemple, à favoriser la présence d’un gibier abondant lors d’une prochaine chasse. Le mystère reste entier.

En contemplant ces scènes souvent criantes de vérité, une autre question se pose : pourquoi a-t-il fallu attendre si longtemps – trois cents siècles environ – pour que l’homme entreprenne enfin la domestication de cet animal qui les fascinait tant ?