Des Hommes et des Chevaux

Episode 2 - L’Akhal-Téké

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CHEVAUX AKHAL TEKE Photo MaxPPP

Ses admirateurs disent que c’est un cheval qu’il faut vouvouyer.

La grande famille des équidés se compose de plusieurs espèces. Il y a d’abord, bien sûr, le cheval. Mais aussi l’âne, l’hémione (sorte d’âne sauvage), l’onagre (cousin du précédent), le zèbre… Si l’on croit au père Noël, on peut y ajouter quelques variétés imaginaires, comme la licorne ou l’hippogriffe.

Et puis, à part, en-dehors, au-dessus, il y a l’akhal-téké. Un animal fabuleux, magique, céleste, hors espèces vulgaires, hors normes chevalines – bien que ce soit tout de même un cheval.

Ça, c’est ce que pensent, sans vraiment le dire, les habitants du Turkménistan, vaste et désertique (mais riche) pays d’Asie centrale d’où l’akhal-téké est originaire. Ce n’est d’ailleurs pas tout à fait faux : il est aussi différent des autres animaux de son espèce que le lévrier, par exemple, est différent des autres chiens.

Peau fine, robe soyeuse aux reflets métalliques (dorés ou argentés), crins rares, l’akhal-téké se distingue par son aspect… distingué. Bien qu’il ne soit pas très grand (1 m 60 à 1 m 65 au garrot), ses longues jambes graciles lui donnent un air élancé, une allure (et des allures) élastique(s).

« C’est un cheval qu’on a envie de vouvoyer » disait une célèbre zootechnicienne, Maria Tcherkezova, qui a beaucoup contribué à la sauvegarde de cette race extraordinaire. À l’époque où le Turkménistan faisait partie de l’Union Soviétique, l’akhal-téké a été, en effet, menacé de disparition. Mais après l’indépendance du pays (en 1990), le pouvoir a encouragé sa renaissance, et même érigé cet animal au statut de demi-dieu.

 Sur les quelque 2000 poulinières qui, de nos jours, perpétuent la race, un gros tiers se trouve dans les élevages du Turkménistan, un petit tiers dans quelques grands haras de Russie, et le reste, éparpillé chez des éleveurs passionnés – en France notamment.