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Montpellier, une ville attractive et dynamique mais où le chômage reste élevé
Montpellier, une ville attractive et dynamique mais où le chômage reste élevé - @anarey

Chômage : Montpellier, ville de paradoxes

Diffusion du lundi 13 janvier 2020 Durée : 2min

Montpellier bénéficie d'une forte attractivité démographique et d'une bonne dynamique d'emploi mais reste une ville où le chômage est élevé. Comment expliquer ce paradoxe ?

Montpellier, et plus largement la zone d'emploi de Montpellier (qui compte 122 communes énumérées ici) sont, d'après l'Insee très attractives. "La création très fréquente de nouveaux établissements par des centres de décision extérieurs à la zone contribue au dynamisme de l’emploi" écrit d'ailleurs l'Institut national de la statistique. Pourtant, il y a aussi à Montpellier, un vrai problème de chômage. Il est élevé et persistant. Depuis 2014, le nombre d’inscrits à Pôle emploi à Montpellier a augmenté de 10%. On dénombre aujourd'hui plus de 38.000 demandeurs d'emploi, toutes catégories confondues. 

Comment expliquer ce paradoxe ?

En se plongeant dans les publications de l’Insee, on trouve des réponses éclairantes. L'un des facteurs qui pèse sur le niveau de chômage, c'est que la zone de Montpellier abrite "une plus forte proportion de population dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville". Le quartier de la Mosson est par exemple le 2e plus grand quartier prioritaire de la région Occitanie. Mais attention ! Cela ne veut pas dire que les gens de ces quartiers ne veulent pas travailler. Mais plutôt qu'ils cumulent les difficultés d'insertion et de pauvreté. Ils vivent dans des zones enclavées, bénéficient d'une faible mobilité et ont moins de réseau pour trouver un emploi. Et enfin, souligne l’Insee, ils peuvent souffrir "des effets de réputation et de discrimination par l’adresse". 

Quelles sont les autres explications à ce chômage élevé à Montpellier ?

Il y a ce qu’on appelle les effets de voisinage. Les zones d’emploi qui entourent la métropole de Montpellier ont un taux de chômage élevé. Les demandeurs d’emploi vont donc prospecter dans les territoires voisins...mais pas toujours avec succès. Il y a aussi l’attractivité démographique. On le sait, la ville accueille beaucoup de nouveaux habitants (en moyenne 3000 de + par an depuis 10 ans, comme l’a récemment rappelé le quotidien Midi libre )sauf que... tout le monde n’arrive pas à s’insérer sur le marché du travail. Et enfin, il y a la durée des emplois proposés. Dans le bassin de Montpellier (qui regroupe environ 70 communes) 38% des offres d’emploi sont des CDD de moins de 6 mois. Pas vraiment des jobs durables !