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Françaises, Français

14h45

2min

Françaises, Français, portraits - Elisabeth Vigée-Lebrun

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Illustration d'Elisabeth Vigée-Lebrun
Illustration d'Elisabeth Vigée-Lebrun © Maxppp - Maxppp

Merci Marie Antoinette

Avant la Révolution française les femmes avaient le pouvoir, elle le leur a enlevé. C'est ce que je pense, moi Elisabeth, née à Paris le 16 avril 1755. Je suis élevée par une nourrisse. Papa, que je ne découvre qu'à 6 ans, peint la trombine de ses concitoyens, maman est coiffeuse.

Aujourd'hui, tout le monde veut passer à la télé, quitte à y être ridiculisé, à l’époque, c'est son portrait que l'on veut. Papa a bien compris le filon. Il voit que je suis doué aussi, il me pousse à m’améliorer.

Je suis belle, très belle, ne me pose pas de question, j'avance. J’épouse Jean-Baptiste Lebrun, marchand de tableau, vous voyez la suite ? Je ne l'aime pas particulièrement, mais c'est lui qui va négocier mes tarifs. Les plus chers du marché. Il est doué le bougre, je reste avec lui.

Surtout que je commence à avoir un succès fou, tout le monde me demande. Marie Antoinette est fatiguée des nazes qui font ses portraits, elle me prend à la cour, et alors là mes alleux, mais alors là.....c'est Byzance....je vais me gaver ! Mon génie : gommer les défauts, et faire ressortir la personnalité de mon modèle.

Mais mon ambition, est de passer de la peinture commerciale, à la peinture d'art. Pas simple, c'est Marie Antoinette qui me fait entrer à l’Académie Royale de peinture.

Ma proximité avec elle, me vaut d’être calomniée. Quand les parisiens s’énervent, ça pue, je me casse à l’étranger, la laissant comme une vieille chaussette, à son sort!

Je fais le portait des plus grands d'Europe pendant mes 13 ans d'exil. Je revisite la mode, robes légères, cheveux naturels, et surtout plus de poudre blanchâtre sur la tronche.

Je rentre à Paris sous Bonaparte, mais ça le fait pas, mon style n'est plus en vogue. Ma fille avec qui j’étais en guerre, meurt, je suis à terre !

Fatiguée, dépassée, je laisse 672 œuvres uniques, dont la lumière dorée, en font des chefs-d’œuvres incontestés, du portrait des grands de l'époque.

Devenue aveugle, je disparais chez moi, à Paris, le 30 mars 1842, après avoir traversé toutes les révolutions, à 86 ans.