Les séries France Bleu

Françaises, Français, Portraits

Le samedi et dimanche à 6h15

Pierre Corneille
Pierre Corneille © Getty

Françaises, Français, Portraits - Pierre Corneille

Diffusion du dimanche 27 novembre 2016 Durée : 2min

"L’amour n’est qu’un plaisir, l’honneur est un devoir !" Et je vais m’y employer, moi Pierre, né le 6 juin 1606 à Rouen. Beaucoup de 6 dans ma date de naissance, symbole de la beauté, de l’harmonie, de l’exigence et de l’amour.

Petits bourgeois, mes parents me font faire des études d’avocat. Brillant, mais timide, un choix cornélien va donc m’envahir ! Rester dans cette voie confortable ou prendre le risque de l’écriture ? Ce sera l’écriture, de pièces de théâtre comiques pour commencer et le succès arrive de suite avec "Mélite". On n’a pas besoin d’être grossier pour faire rire, je le prouve. Richelieu se passionne pour mon talent, il me subventionne.

Mais je suis avant tout un homme libre, les contraintes qu’il m’impose m’enferment trop, je me sépare de lui. Je me lance alors dans la tragédie et vais exploser littéralement, le tout Paris se presse pour voir mes pièces, j’y parle d’amour, de trahison, mais surtout d’honneur et y fustige les puissants et les monarques. Paraît même que je trouve le temps d’écrire toutes les pièces d’un certain Molière ! Il n’a laissé aucun manuscrit prouvant que ce bouffon ait écrit quoique ce soit, moi plein ! Bref, les spécialistes se battent encore aujourd’hui à ce sujet, ce n’est plus mon problème, "Mon Cid" est déjà passé à la postérité.

Pourtant il rompt avec tous les codes du genre, la critique dénonce cet état de fait, "je m’en fous, je fais ce que je veux ! Ça plaît de toute façon, alors lâchez-moi ! » En fin de carrière, un petit con du nom de Racine prend ma place dans le landerneau parisien. Je lui laisse la place et me retire ruiné et oublié de tous ! Bande d’ingrats, je vous ai ouvert à la culture, la liberté et l’honneur ! J’ai beau être immortalisé à l’Académie française en 1647, c’est le 1er octobre 1684, à 78 ans, à Paris, oh rage, oh désespoir, oh vieillesse ennemie… n’ai-je donc vécu que pour cette infamie, je referme mon œuvre. Moi, Pierre Corneille.