Replay du jeudi 22 juin 2017

Françaises, Français - Andrée Putman

Ma grand-mère est une descendante des frères Montgolfier, mon père et ma mère me prénomment Andrée quand ils me donnent vie le 23 décembre 1925 à Paris.

Andrée Putman
Andrée Putman © Getty

Lui est banquier, maman, elle, est issue de la grande famille des Taillandier, comptant un académicien, une femme de lettre, et une pianiste géniale…elle-même.
Je passe tous mes étés dans l’Abbaye cistercienne où les Montgolfier fabriquaient leurs ballons, je suis en admiration devant les décors, les nuances infinies de gris, de noirs et de blancs. Il n’y a pas de couleur dans cet endroit, mais la diversité et les contrastes m’apparaissent incroyablement riches.
Maman m’oblige à faire du piano, mais malgré un 1er Prix du Conservatoire décerné des mains de Francis Poulenc lui-même, je n’ai pas envie d’être concertiste. J’enchaîne alors plein de petits boulots, au magazine « Elle » notamment, côtoie Sartre, De Beauvoir, ou Niki de St Phalle. Je deviens styliste pour Prisunic, j’essaie d’apporter du beau, accessible, et pas cher, à tout le monde.
Puis, je deviens découvreuse de talent, Mugler, Montana, Castelbajac, c’est moi. Je débute aussi, discrètement une carrière de décoratrice, d’abord en réorganisant des lieux désaffectés, mais mon divorce m’anéantit. Ce n’est qu’à 53 ans que j’explose, que l’on me connaît de New York à Hong Kong, comme ré-éditrice de mobilier ancien, mais surtout comme décoratrice révolutionnaire. Pureté des lignes, sobriété éclatante, on me confie la réorganisation d’Hôtels de luxe, d’Aéroports, de Monuments, partout sur la planète.
Je crée mon Ecole de design spécialisée dans l’architecture intérieure, et foisonne de projets pour les marques les plus prestigieuses.
Ce n’est qu’après une rétrospective de ma vie et de mon œuvre, qui a attiré plus de 250 000 visiteurs, que je tire ma révérence, le 19 janvier 2013, à Paris, à 87 ans.
Moi, Andrée Putman.

Mots clés: