Émissions Les séries France Bleu

Françaises, Français

14h45

2min

Françaises, Français - Bernard Blier

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Bernard Blier
Bernard Blier © Getty

C’est pas parce qu’on n’a rien à dire, qu’il faut fermer sa gueule ! Et je vais vous le prouver, Bernard, né en Argentine, à Buenos Aires, le 11 janvier 1916. Papa il est biologiste là-bas, quand sa mission se termine on rentre en France.

Les études, Ce n’est pas mon truc, alors j’apprends à faire l’acteur aux cours du soir.

Après 3 échecs au concours d’entrée dans la classe de Louis Jouvet, j’y arrive enfin. Je tourne quelques petits films, pas de bol, la guerre éclate, je suis mobilisé en Mayenne et finis prisonnier en Autriche. Je perds 27 kg, à tel point que je suis évacué. Rapatrié à Paris, et maintenant que je suis tout maigre, on me refile des rôles de séducteurs et j’enchaîne au théâtre tous les soirs. C’est l’amour de la bonne bouffe qui me fait rencontrer Gabin et Ventura. Puis je fais connaissance de Lautner, Verneuil et Audiard, qui m’écrivent des textes sur mesure, et alors là les amis, je préfère vous dire que je change de catégorie, d’atmosphère, de cave j’passe à Môôssieur !

Ma tronche fait des cartons à l’écran, je fais le bouffon, le cynique, le truand et puis le petit décide de faire tourner le vieux…ce n’est pas mon fils pour rien, il est bon ce petit con… On atteint des sommets quand il me dirige dans « Buffet froid », un monument d’humour noir que je partage avec Depardieu, Carmet et Serrault !

J’veux pas dire, mais je vous laisse juge du bonhomme : « Les tontons flingueurs », « Série noire », « Le cave se rebiffe » etc… près de 200 films et je ne compte pas la téloche et les courts métrages, alors il’ y a besoin que j’vous montre qui c’est Raoul ?

Je passe la moitié de mon temps en Italie où je tourne des dizaines de films, ils me décernent un Donatello, leur César à eux, j’en reçois d’ailleurs un d’honneur en France pour l’ensemble de ma carrière, 25 jours avant ma mort, il était temps les gonzes !

C’est le 29 mars 1989, à St Cloud, à 73 piges, que je laisse à mon fiston la tâche de perpétuer la lignée.

Moi, Bernard Blier.