Les séries France Bleu

Françaises, Français

14h45

 Caroline Otéro
Caroline Otéro © Getty

Françaises, Français - Caroline Otéro

Diffusion du jeudi 30 mars 2017 Durée : 2min

C’est en Galice que ma prostituée de mère me donne Agustina comme petit nom, en décembre 1868. Elle fait n’importe quoi. Son 1er mari est mort assassiné pour dettes de jeu, et le nouveau ne m’aime pas beaucoup.

Violée lors d’une fête au village, je vais détester les hommes toute ma vie, mais je vais m’en servir également.
A 13 ans je rencontre Paco, il est beau, il devient mon amant, il m’apprend à danser, chanter, jouer la comédie… et à faire le trottoir… Et allez ça continue !
Je le quitte et rencontre à Barcelone Francisco, croupier de son état, et je vous le donne en mille, maquereau par ailleurs… Ha je les collectionne je vous jure. J’en profite quand même pour parfaire ma technique, et quand je suis prête, je laisse le banquier Furtia racheter ma liberté. Il m’apprend à bien me tenir dans le monde, m’emmène à Paris, et m’ouvre les portes du Moulin Rouge, des Folies Bergères. Je deviens alors incontournable, fais tourner la tête de tous les michetons que je croise. Je suis à l’origine de 6 suicides et d’innombrables duels. Je la tiens ma revanche ! Première star du cinoche, grâce à Félix Mesguich qui me filme avec une caméra des frangins Lumière, pendant une prestation olé olé, je fais scandale. Mes seins sont tellement beaux qu’ils inspirent les coupoles du Carlton de Cannes et du Negresco de Nice. Les rois, les ducs, les diplomates veulent tous m’avoir dans leur lit ! Tu m’étonnes !
Pendant la 1ère guerre mondiale, je vais même soutenir le moral des troupes sur le front. Consciente de mes formes qui avec l’âge s’arrondissent, je prends ma retraite à Nice. Je tente de faire payer mes autographes des millions, pour payer mes dettes de jeu, ça ne marche pas, je suis ruinée. Le patron d’un casino qui m’adore, les éponge, et me verse une pension pour payer ma chambre d’hôtel miteuse.
C’est là, qu’oubliée de toutes et tous, je succombe à une crise cardiaque, à 96 ans. Nous sommes le 10 avril 1965 à Nice.

Moi, La Belle Caroline Otéro.