Replay du vendredi 28 avril 2017

Françaises, Français - Henri Cartier-Bresson

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Chanteloup-en-Brie en Seine et Marne, le 22 août 1908, papa prospère dans le textile, il me prénomme Henri. Il veut que je reprenne l’affaire, mais moi c’est de la peinture que je veux faire.

Henri Cartier-Bresson
Henri Cartier-Bresson © Getty

Comme je le vouvoie, je lui dis « Non mais allo père, vous hallucinez ou bien ? » ou un truc dans le genre…En tout cas il comprend, et me lâche !
C’est le surréaliste André Lhote qui m’apprend les proportions liées au nombre d’or dans la peinture, je vais m’en servir dans la photographie, car c’est la voie que je choisis finalement. C’est en Côte d’Ivoire que je réalise mon 1er photoreportage, qui me permet de m’acheter mon premier Leica. Du coup je pars capturer l’Italie, l’Espagne, Le Mexique, le Maroc. J’épouse une danseuse javanaise et milite avec elle pour l’Indépendance de l’Indonésie. Bouddhiste, je dénonce aussi la répression chinoise au Tibet.
Avec Robert Kapa nous montons l’agence Magnum, collectif de photoreporteurs. Comme tous nos amis tel Aragon, nous sommes communistes, je milite sous un nom simplifié contre le fascisme et le nazisme. Ce qui me vaudra de pouvoir continuer une carrière médiatique avec mon vrai nom.
Je taquine aussi la péloche en 24 images seconde, avec Renoir. J’entre dans la Résistance en ‘40, suis fait prisonnier, m’évade et suis nommé expert en photo auprès de l’ONU. Mes témoignages recueillis aux 4 coins du monde, sont connus partout. Ma marque de fabrique, c’est la capture de l’instant décisif, en noir et blanc.
En fin de carrière, je sillonne la France en voiture la photographiant sous toutes les coutures, je réalise les portraits de Picasso, Matisse, Sartre, et me consacre au dessin. Je quitte Magnum qui se compromet à faire de la pub, ce que j’ai toujours exécré !
Mon dernier clic, le 3 août 2004 à Montjustin dans les Alpes de Haute Provence, à 95 ans.

Moi Henri Cartier-Bresson.

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