Replay du mercredi 26 avril 2017

Françaises, Français - Jules Dumont d’Urville

Bon alors moi, Jules Sébastien César, déjà les prénoms ça pète, bon le Sébastien, on s’en fout appelez-moi Jules César, je suis né en Normandie à Condé-sur-Noireau le 23 mai 1790, et je préfère vous prévenir, je ne suis pas éminemment sympathique.

Jules Dumont d’Urville
Jules Dumont d’Urville © Getty

Je suis tout bonnement exceptionnellement doué, intelligent, intrépide, supérieur, pas besoin d’être sympa ! Après des études forcément brillantes, je m’engage dans la Marine, tente polytechnique, mais trop vieux ils rejettent ma candidature, bande de blaireaux va ! Je ne supporte pas les petits, les médiocres, je ferai carrière sans votre aide.
J’épouse Adèle, lui fait deux gosses, que j’appelle Jules et Jules comme moi, normal. Je prends la tête d’une expédition en mer Noire, et je fais la plus grande découverte de tous les temps, je déterre la célébrissime Vénus de Milo ! Je suis un Dieu ! Ne me remerciez pas surtout hein !
De retour, je commande le vaisseau l’Astrolabe, et pars de Toulon, faire le tour du monde, retrouver les traces de ce nase de La Pérouse qui a coulé dans le Pacifique.
Je donne au monde des centaines de km de données géographiques et typographiques, des fragments d’Histoire inestimables ! Je découvre en Antarctique la Terre-Adélie, que je nomme ainsi en hommage à ma femme Adèle. Je prends tous les risques pour léguer à l’humanité mes découvertes.
Des iles, des montagnes, des glaciers, une mer, un cap, des bases portent mon nom partout sur le globe. C’est le moins que vous pouviez faire pour moi !
De retour en France, j’entreprends d’immortaliser mon œuvre dans un récit palpitant de mes aventures. J’écris dans le train, qui nous transporte avec ma femme et mon gosse, quand la première catastrophe ferroviaire française de l’histoire, stoppe à Meudon ma destinée unique, qui avait pourtant encore tellement de chose à vous apporter !
C’est donc le 8 mai 1842, qu’à 51 balais, je vous laisse faire le reste du boulot.

Moi, Jules Dumont D’Urville.

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