Les séries France Bleu

Françaises, Français

14h45

Le palais idéal du Facteur Cheval - Hauterives (26)
Le palais idéal du Facteur Cheval - Hauterives (26) © Getty

Françaises, Français - Le facteur Cheval

Diffusion du vendredi 3 mars 2017 Durée : 2min

C’est le 19 avril 1836 à Charmes-sur-l’Herbasse dans la Drôme que le monde voit apparaître un homme exceptionnel, oui oui c’est bien de moi dont il s’agit, Joseph Ferdinand !

Papa et maman sont paysans et n’ont pas le sou, mes études sont donc très courtes. Je ne maîtrise que très mal ma langue natale, et ce jusqu’à ma mort. Mes parents meurent très vite, je suis obligé de me débrouiller tout seul pour vivre, je deviens boulanger par défaut, ça va durer 12 ans tout de même, cette histoire.

J’épouse Rosalie, elle me donne un fils qui meurt rapidement. Je deviens alors facteur, 33km de tournées à pied, j’ai le temps de laisser mon imagination vagabonder, à des palais féériques, des grottes magiques. Puis un jour, je tombe en faisant ma distribution de courrier sur une pierre que la nature a sculptée de manière extraordinaire. Je me dis que si elle est capable de faire ça, je dois l’être pour devenir maçon et architecte ! Je prends ma retraite et me lance dans la construction de mon palais idéal. Ma femme décède, j’en prends une autre qui me donne aussi un fils, les 2 meurent également avant moi ! Ha non mais je vous jure, je suis mafré moi ! Tu m’étonnes que je m’acharne pendant 33 ans à le finir ce palais, j’ai plus rien à perdre. Dali, Gaudi, Breton, Malraux sont ébahis par cet art naïf, reconnu dans le monde entier.

Je trouve même le temps de me faire mon caveau, et allez 8 ans de plus, je le finis à 86 balais, et je l’appelle, Le Tombeau du Silence et du Repos sans fin, il est à Hauterives dans la Drôme.

Tout le monde me prend pour un fou demeuré.

Mes réalisations sont totalement barrées et décalées, détestées par les uns, portées aux nues par les autres. Un quasi analphabète qui a réalisé son rêve, ça en énerve plus d’un !

Et pour finir, c’est jusqu’à 88 printemps que je tiens la barre, ce n’est que le 19 août 1924 à Hauterives que je range la truelle et le marteau.

Moi, le facteur Cheval.