Replay du mardi 25 avril 2017

Françaises, Français - Madeleine Pauliac

Villeneuve-sur-Lot, le 17 septembre 1912, mes parents me donnent Madeleine comme prénom. Papa meurt pour la France à Verdun en 1916. Dès lors, le patriotisme va dicter ma vie à jamais.

Madeleine Pauliac
Madeleine Pauliac © Maxppp - .

Je fais des études de médecine et me spécialise dans l’exécution de trachéotomies sur les enfants. Il faut avoir un sang froid et une précision à toute épreuve, je les ai !
En 39 quand la seconde guerre est déclarée, j’ai 27 ans, je m’engage tout de suite dans la Résistance comme médecin. Je soigne les parachutistes alliés, ravitaille les maquisards et cache des juifs. Je rencontre De Gaulle qui à la Libération m’envoie à Moscou rapatrier les français restés là-bas. Je prends aussi la tête de la Croix Rouge en Pologne. Je voue ma vie aux autres, apportant à tous ces jeunes gens blessés un peu de réconfort et les premiers soins. Je parcours 40 000 km, visite plus de 200 camps, et suis capable de faire 700 bornes de nuit pour récupérer un soldat égaré ici ou là.
Victime d’un accident de voiture, me laissant une fracture du crâne, je continue d’opérer jour et nuit. Arrêtée par l’Armée Rouge avec mes compatriotes, je monte un bobard au commandant… qui nous laisse passer.
C’est dans un nouvel accident de voiture, en Pologne, alors que je me dirige avec des membres de l’Ambassade française vers l’hôpital, que je péris.
L’État me donne le grade de Chevalier de la Légion d’Honneur, et la Croix de guerre avec palme. Morte pour la France !
Le curé qui m’accompagne partout, dit lors de mes obsèques, que j’ai contribué à faire aimer la France, prodiguant des secours matériels et moraux sans distinction de nationalité à tous ceux douloureusement atteints par la souffrance et l’adversité.
Nous sommes le 13 février 1946, je n’ai que 33 ans.

Moi, Madeleine Pauliac.

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