Replay du mercredi 1 mars 2017

Françaises, Français - Pauline Roland

‘’Elle ne connaissait ni l’orgueil, ni la haine, elle aimait, était pauvre, simple et sereine’’ c’est le grand Victor Hugo qui écrit ça de moi dans ses « Châtiments »

Image d'illustration - Un atelier d'ouvrières
Image d'illustration - Un atelier d'ouvrières © Getty

Je vous jure que j’ai pas couché avec lui, il n’aurait pas pu m’y obliger d’ailleurs, j’ai un caractère de mer…enfin un sacré caractère quoi, Marie Désirée Pauline, née à Falaise près de Caen, le 18 prairial an XIII. Je vous laisse calculer… vous l’avez ? Non ? Bon allez, chuis sympa, je vous le donne c’est cadeau, le 7 juin 1805, ouais on a quand même bien fait de revenir au décompte d’avant, c’est plus simple !

Maman receveuse des postes insiste pour que je reçoive une instruction, je me passionne alors pour les idées de St Simon, considéré comme le 1er socialiste, mais attention un vrai socialiste hein, pas un ersatz ! Proche de George Sand, j’enseigne dans une espèce de kibboutz à Boussac, où l’on partage tout, une nouvelle expérience de vie en communauté ! Je vis en concubinage durant une douzaine d’année avec Jeff, il est hors de question de parler mariage. Tant que les femmes n’auront pas les mêmes droits que les hommes, même pas en rêve on me mettra un fil à la patte ! A la mort de Flora Tristan, je m’occupe de sa fille, future mère de Paul Gauguin.

Socialiste, féministe, faut pas me gonfler, je prends la tête du Club Républicain des Femmes, œuvre pour l’égalité des sexes dans l’éducation, et écris dans des canards engagés. Je bouscule, je suis arrêtée après avoir été élue au Comité central du mouvement coopératif des 100 professions. Sortie de taule, je m’engage dans la résistance parisienne contre le coup d’Etat de Louis Napoléon Bonaparte qui garde le pouvoir et fonde le Second Empire. Je suis déportée 10 ans en Algérie. Quand George Sand arrive à me faire sortir, sur le chemin du retour qui me mène à mes enfants, les conditions de ma détention passée, ont raison de moi.

Nous sommes le 16 décembre 1852, à Lyon, j’ai 47 ans.

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