Replay du mardi 27 juin 2017

Françaises, Français - Raymonde Tillon

Je suis née à Puteaux le 22 octobre 1905, papa bosse à l’ancêtre de la RATP, il me donne Raymonde comme prénom, avant de me laisser avec maman orpheline à 4 ans. Placée dans un institut religieux, je m’en échappe adolescente pour rejoindre mon frangin à Arles.

Raymonde Tillon
Raymonde Tillon © Getty

Là, je bosse dans un commerce, m’engage au PCF, monte une section féminine, et adhère à la CGT. J’épouse Charles militant également, et nous luttons ensemble pour le Front Populaire. Nous ne sommes donc pas Collabo, je suis même arrêtée dès 1941. Condamnée à 20 ans de travaux forcés, d’abord incarcérée à Marseille, je suis vite déportée au camp de Sarrebruck puis à Ravensbrück.
J’arrive à m’échapper en ‘45, rentre dans la Cité phocéenne et découvre que Charles est mort d’épuisement dans la Résistance. Embauchée par la CGT, je me fais élire conseillère générale, et me remarie avec un Charles, résistant et futur ministre. Il est communiste mais s’est mutiné contre l’aide que l’Etat français apporte aux tsaristes de la Révolution russes contre les bolcheviques.
Nous critiquons vertement le PCF qui soutient lui, l’invasion de la Tchécoslovaquie par ces mêmes russes. Ils nous excluent du Parti !
Peu importe, je ne me tairai pas, ni ne suivrai de dogmes aveuglément, je suis libre de penser que la purge stalinienne dont le Parti est victime est une ignominie !
Quand après un siècle d’engagements et de luttes, je m’éteins à Rennes le 17 juillet 2016, je suis la dernière des 33 premières femmes élues à l’Assemblée constituante de la IVème République, dès qu’on a eu le droit de vote.
La Nation me rend hommage, pour l’ensemble de mes combats pour les libertés et contre les injustices.
Moi Raymonde Tillon.

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