Toutes les émissions

Hérault gaming

Le lundi à 6h50

William David et deux comparses anonymisés par les pixels (Indie Garden à la Gamescom).
William David et deux comparses anonymisés par les pixels (Indie Garden à la Gamescom). - Thibaut Trampont

William David, la boucle Ubisoft

William David voulait faire du cinéma mais après des expériences pas très concluantes, il décide de travailler dans l'industrie du jeu vidéo.

C'est l'histoire d'un garçon qui voulait faire des films, raconter des histoires avec des images et du son. 

William David, la boucle Ubisoft.

Un garçon dont les premiers stages en audiovisuels auront eu raison des étoiles dans ses yeux. "Qu'est ce que je vais faire si je ne peux pas faire du cinéma ?" se demande William David. Il pense d'abord au cinéma d'animation "mais je n'étais pas assez bon en graphisme. J'ai réfléchi et je me suis rendu compte que je jouais depuis toujours... et que c'était un vrai métier de faire des jeux !".

Les mauvaises expériences dans le cinéma

Montpellier en ligne de mire

Après son BTS Audiovisuel, il entre à l'école SupInfoGame (aujourd'hui Rubika) à Valencienne pour devenir Game Designer "en bon français, concepteur de jeux vidéo". Il enchaîne les stages, d'abord chez feu Lexis Numérique, sur le jeu In Memoriam, puis Ubisoft à Paris, Barcelone et enfin, Montpellier. 

"Intégrer Ubisoft Montpellier, a toujours été mon objectif. C'est une bonne entreprise, encore plus en sortie d'école." Mais pourquoi Montpellier à tout prix ? "Au lycée, ma classe était venue pour le festival du cinéma méditerranéen. J'ai découvert une ville avec des palmiers, et quand on vient de Charentes... c'est assez surprenant !"

Independance days... 

Mais après un an et demi de CDD signés avec Ubisoft, William décide de prendre le large. "Je ne trouvais pas ma place dans une entreprise aussi grande. J'étais jeune, sûrement trop jeune et trop fougueux.

Il décide de créer avec son ancien collègue et programmeur d'Ubisoft Guillaume Martin, Swing Swing Submarine, leur propre studio. Ils veulent créer un jeu, Seasons, mais piétinent pendant plusieurs mois "On s'est rendus compte que c'était trop exigeant pour un premier projet. Du coup, on est parti sur une idée de Guillaume, un mix entre Tetris et Mario. En six mois, on a sorti Blocks that matter."

Blocks that matter permet à Swing Swing de mettre de l'argent de côté. Le studio décide alors de sortir une suite, Tetrobot and co. "qui n'a pas du tout marché, explique William, parce qu'on est tombé pile au moment de la saturation du marché... et parce qu'on a été très mauvais en marketing, il faut dire le dire !".

L'étape d'après, c'est le retour au grand projet. Seasons after fall, un jeu narratif où le joueur dirige un petit renard qui peut changer les saisons et faire évoluer le monde qui l'entoure. Avec une superbe musique orchestrale signé Yann Van Der Cruyssen.

Seasons est pas un jeu qui n'a pas coûté cher. 300 000 euros à peu de choses près. 

"Mais si on avait voulu bien se payer et payer correctement les freelances qui ont travaillé avec nous, _il aurait dû coûter 600 000 euros voir un million_. C'est un de mes regrets avec ce projet... même si c'est l'apprentissage qui veut ça !"

... puis retour chez Ubisoft

Aujourd'hui, William est de retour chez Ubisoft, à Montpellier. "Sur un très gros et très beau projet (Beyond Good and Evil II). Aujourd'hui, peut-être parce que j'ai changé, peut-être parce qu'Ubisoft a changé, _je me trouve plus à ma place qu'avant_."

De là à dire que William David ne fera plus jamais de jeux en indépendant ? "Pourquoi pas un jour, mais vraiment pas tout de suite. Déjà parce que contractuellement, je n'en ai pas le droit, ni le temps, il faut bien l'avouer - il rit - et puis parce que _je veux créer des jeux dans de meilleures conditions_, avec de meilleurs salaires, équitables, pour tout le monde.