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Histoire en Touraine

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Le Chronomégaphone Gaumont 1912
Le Chronomégaphone Gaumont 1912

Un appareil de cinéma ambulant et la gouache du notaire de Calder

Diffusion du mercredi 29 novembre 2017 Durée : 13min

avec Aymeric Rouillac, commissaire-priseur à Tours

CHRONOMÉGAPHONE GAUMONT, 1912 - musée Gaumont

Appareil de cinéma parlant avec diffusion de son amplifié, contenu dans quatre caisses : malle 1 : le Chronophone, malle 2 : le Chef-d ‘orchestre, malle 3 : le Phonographe, malle 4 : la Pompe à air comprimé.

De nombreux accessoires techniques, ainsi que les affiches et programme de la tournée en 1912-1913 en Amérique latine sont joints.

24 films parlants ou muets, diffusés par cet appareil et qui ont pour certains été numérisés par Lobster films, sont également joints : Carmen, La Marseillaise, L'Angélus de la Mer, Galathée, Page écuyer capitaine, La Verbena de la Paloma, La Paloma, La Légende du roi Gambrinus, Brésiliennes, Chanson pour Jean, Myrella, La Jota Aragonesa, Paillasse, Santa Lucia, El Puzzle, Chico como Mediador, Rival de Cherubin, Hacia El Ideal, El Infermito, Soldado del antigo Regimen, De constanza a Schaffouse, Buena Noche de la Parisienne, Max y Juana quieren hacerse actor, Gontran el Valoroso.

Provenance : acquis par Charles Proust pour 8.330 francs or, Paris, 1912

Par ailleurs, nous évoquons une gouache signée Calder pour un notaire....

 Alexander CALDER (Lawnton, 1898 - New-York, 1976)

Gouache sur papier, dédicacée, signée, datée en bas à droite : "A Emile Jubault amicalement Calder 1967"- 73 x 108 cm.

Provenance : collection Maître Émile Jubault, notaire de Calder, par descendance, Touraine.

Alexander Calder s'arrête, pour la première fois, en Touraine, en 1953. Il découvre Saché sur la route entre la Provence et la Bretagne. Il y visite les fils du sculpteur américain Jo Davidson. Le pays lui plaît. Quelques mois plus tard, il échange contre trois mobiles la maison "François Ier" d'un des fils de Jean Davidson, qui devient son gendre, deux ans plus tard. L'artiste noue de belles amitiés. Ses sculptures monumentales sont fabriquées par les établissements Biémont à Tours, à partir de 1962. Mais Calder est à l'étroit dans la petite maison François Ier. Il décide de faire construire sur une colline qui domine la vallée de l'Indre une maison et un atelier à la mesure de ses créations. 14 personnes différentes sont propriétaires des 17 parcelles qui composent le terrain convoité ! Pour déminer ce dossier complexe, il demande à Émile Jubault, notaire à Thilouze, de l'assister. Le jour dit, Calder passe chercher Me Jubault à son étude. Jean Davidson, ancien coureur automobile à Indianapolis, est installé au volant de la puissante Mercedes. Jamais les six kilomètres séparant Thilouze de Saché n'avaient été parcourus si rapidement. Au moment de traverser l'Indre, Davidson place sa voiture dans l'axe des cinq petits ponts métalliques qui enjambent la rivière et lance son engin à un train d'enfer. Jubault, assis à la place du mort, croit sa dernière heure arrivée... jusqu'à ce que Calder apostrophe son chauffeur : "Surtout ne le tue pas avant d'avoir acheté toutes les parcelles !" Bien que ce travail fût ardu, toutes les parcelles ont été réunies. Voir l'ensemble des constructions sur ce site exceptionnel de la vallée de l'Indre a été l'une des grandes fiertés professionnelles de Maitre Jubault. Quelques années plus tard, le sculpteur offre et dédicace à son notaire cette gouache en souvenir de cette aventure.

Alain Irlandes, commissaire de l'exposition "Calder en Touraine", avait découvert et exposé cette gouache, au château de Tours, du 6 juin au 19 octobre 2008. L'atelier Calder est aujourd'hui encore un lieu de création et de résidence d'artistes.