Histoire en Touraine

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Second atelier de Sante Vallar - 26, rue Febvotte - 37000 Tours
Second atelier de Sante Vallar - 26, rue Febvotte - 37000 Tours - Archives municipales de Tours

Sante Vallar, un mosaïste italien tombe amoureux de Tours en 1923

Diffusion du mardi 5 novembre 2019 Durée : 4min

A Tours, on passe devant les œuvres de Sante Vallar sans le savoir, comme la devanture d'un fleuriste, au 8, rue Georges-Courteline, celle de la chapellerie Brun, au 43, place du Grand-Marché, les colonnes du 106, avenue de Grammont ou encore la façade du 124, boulevard Béranger.

Sante Vallar est né le 27 octobre 1893 à Tramonti di Sopra en Italie et décédé le 15 août 1951 à Tours.  En 1906, à l'âge de 13 ans, Sante Vallar passe la frontière pour être embauché dans une entreprise de mosaïque autrichienne. Il y apprend les rudiments du métier.

En 1907, en compagnie d'ouvriers mosaïstes, il prend la route de la France. Il travaille à Nevers chez Pietro Favret. Jusqu’en 1915, il participe à de nombreux chantiers de ce mosaïste. L'un des derniers sera le revêtement de la gare du funiculaire du Mont-Blanc. Arrive alors la Première Guerre mondiale. Sante Vallar se porte volontaire pour défendre son pays et sa région. Il est mobilisé sur le front italien jusqu'en jusqu'en 1918.

En 1923, son travail l'amène à Tours pour réaliser les sols d'une maison close, l'Étoile Bleue, située au 15 rue du Champ-de-Mars. Il n'est pas encore marié à Henriette et, pour ne pas froisser sa future belle-mère, très croyante, il dit dans ses lettres « travailler pour les bonnes sœurs.

La ville lui plaît. Il décide de s'y installer et y crée son entreprise au 53 rue Chalmel. En 1928, avec les architectes Gaston et Pierre Labadie, Sante Vallar lance les études nécessaires à la construction de sa maison, du magasin et de l'atelier-dépôt au 26, rue Febvotte à Tours (voir photo). Ces plans sont archivés aux archives départementales d’Indre-et-Loire. En octobre 2018, la ville de Tours décide que la place située rue Henri-Martin à l’angle de la rue du Chemin de Fer portera son nom

Réalisations visibles (certaines sont répertoriées dans le document "focus Art Déco" édité par la Ville de Tours)

  • 1923 : maison close L'Étoile Bleue (actuellement siège de la Jeune chambre économique de Tours), 15 rue du Champ-de-Mars, Tours : sols du bar et de la salle du curé.
  • 1925 : socle du monument commémoratif Eugène Hilarion, sculpture réalisée par Georges Delpérier à St Christophe-sur-le-Nais. 
  • 1926 : réfection des mosaïques du tombeau de saint Martin, Basilique St Martin de Tours. 
  • 1937 : bassin du CHRU Bretonneau, boulevard Tonnellé, Tours. 
  • maison close le Petit Soleil : vestige visible rue de la Monnaie, Tours 
  • Pharmacie Charlemagne, rue des Halles, Tours : mosaïque située à l’entrée.
  • Chapellerie Brun, 43 place du Grand-Marché, Tours. 
  • Ateliers Bertault, 16 rue de la Californie, Tours. 
  • Fleuriste (actuellement Dominique Beauchesne), 8 rue Georges-Courteline, Tours. 
  • Fontaine créée pour un fleuriste, rue Victor Hugo, Tours .
  • Maisons d’habitation Tours : sol intérieur 16 rue Victor-Hugo, extérieur 26 rue Febvotte et 124 boulevard Béranger.
  • Tombes du cimetière Lassalle, tombe « rouge » notamment.
  • salles de bains du château de Candé (en sous-traitance pour l'entreprise Novello), Monts (Indre-et-Loire). 
  • Façade du bureau de Poste de Semblançay (Indre-et-Loire).
  • mosaïque du balcon de l'ancien sanatorium de Bel Air, La Membrolle-sur-Choisille (Indre-et-Loire).
  • Devanture de magasin d’électricien 106 avenue de Grammont, Tours.

Un sujet à retrouver page 74 du "Guide secret de Tours et de ses environs" aux éditions Ouest-France