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Histoires du Poitou avec Patrick Sitaud

Du lundi au vendredi à 7h22, Rediffusion à 12h10

Village de France
Village de France © Getty

Combat de chars à Luché-Thouarsais

Diffusion du jeudi 16 mai 2019 Durée : 2min

Un épisode de la Seconde Guerre mondiale s'est déroulé à Luché-Thouarsais, en Deux-Sèvres, en juin 1940.

Le samedi 22 juin 1940 reste ainsi dans l'histoire de cette commune, située à 18 kilomètres au nord-est de Bressuire, comme une journée noire. La débâcle qui agite alors la France jette sur les routes des milliers de militaires en repli. Dans le nord des Deux-Sèvres, une de ces colonnes arrive ainsi à Moutiers, à 10 km au Nord de Luché-Thouarsais, à 2h du matin le 22 juin. L’embarquement sur deux trains de 2 000 et 2 400 hommes est programmé le jour même à La-Chapelle-St-Laurent. Différents groupes doivent couvrir les transports vers la gare d’embarquement. Moutiers doit alors être organisé en point d’appui avec ses moyens propres. Deux chars, restent ainsi au centre du village. La colonne démarre de Moutiers à 16h30. Elle s’étire sur plus d’un kilomètre.

Deux chars à la rescousse

Entre Coulonges et Geay, l’ennemi, déjà présent, laisse passer la tête de colonne. En vue du passage à niveau de Luché-Thouarsais, les allemands ouvrent le feu.. Un gradé revient à Moutiers chercher les deux chars, puis aiguille la queue de colonne sur un autre itinéraire. Il est 17h15. Le char de tête part immédiatement. Le second blindé suit à 500  m. Dés son arrivée sur le lieu de l'attaque, le char de tête reçoit quelques coups, dont un qui provoque un début d’incendie et fait demi-tour. Lorsque le second blindé arrive au passage à niveau, il est immédiatement pris à partie. Un coup sur le flanc droit provoque un incendie. Le blindé est évacué. L’ennemi cesse de tirer.

Un mémorial pour les jeunes soldats

L'autre char arrive alors et prend à son bord trois des occupants du blindé évacué, tous légèrement blessés. Le char franchi à nouveau le passage à niveau. Le combat reprend. Le char est d’abord atteint par l’arrière. Deux de ses occupants sont tués, probablement à ce moment. Un coup arrive sur l’avant gauche suivi, probablement d’une explosion, blesse le reste de l'équipage et tue un des rescapés de l'autre blindé. Les tirs cessent. Certains survivants parviennent à échapper aux allemands et sont recueillis par les habitants de Luché-Thouarsais. D'autres, sommairement pansés, sont transférés par les infirmiers allemands à l’hôpital de Thouars ou emmenés comme prisonniers à Saumur. Un mémorial érigé à proximité du lieu du combat perpétue encore aujourd'hui le souvenir de ces jeunes soldats morts pour la France.