Histoires du Poitou avec Patrick Sitaud

Du lundi au vendredi à 7h22, Rediffusion à 12h10

 Le Palais de justice de Poitiers a été le cadre de plusieurs grands procès
Le Palais de justice de Poitiers a été le cadre de plusieurs grands procès © Maxppp - BENOIT FELACE PHOTOPQR/PRESSE OCEAN/MAXPPP

Les grands procès du palais de justice de Poitiers

Diffusion du vendredi 26 avril 2019 Durée : 2min

Le départ des services du Palais de justice de Poitiers, situé en centre-ville, est l'occasion d'évoquer les grands procès qui y ont eu lieu. L'un d'entre-eux aura un grand retentissement en 1901.

Certains grands procès qui s'y sont déroulés ont en effet marqué les esprits. Du procès de Marie Besnard en 1952, en passant par l’affaire du CHU en 1988, jusqu'à  la tempête Xynthia en 2015, la salle d'assise et celle des pas perdus du palais de justice ont résonné au son des plaidoiries. Il y a 118 ans un terrible faits divers a également marqué la vie du Palais.

Séquestrée depuis 25 ans

Il s'agit de l'affaire de la "séquestrée de Poitiers" . Tout commence le 23 mai 1901. Suite à une dénonciation par lettre anonyme, le Procureur général de Poitiers ordonne une perquisition chez Louise Monnier. Il y est dit qu'une demoiselle y serait enfermée depuis 25 ans. Les policiers se rendent sur place. Au deuxième étage de cet hôtel particulier du centre-ville, ils découvrent avec stupeur une femme squelettique allongée sur une paillasse pourrie dans des conditions horribles. Il s’agit de Blanche, la fille de Mme Monnier. Elle aurait été séquestrée par sa propre mère pour dissimuler les troubles mentaux de sa fille. Cette découverte enflamme la ville. Le procès est attendu avec impatience. Mais Louise Monnier, meurt en prison 15 jours après son arrestation. Le frère de Blanche, Marcel, est appelé à comparaître.

Condamné à 15 mois d'emprisonnement

Son procès commence au palais de justice le 7 octobre 1901. L'interrogatoire de Marcel Monnier, mené par le président du tribunal, vise à établir qu'il n'a  pas pu ignorer les agissements de sa mère. L'avocat du prévenu plaide l'irresponsabilité de son client. Mais le tribunal correctionnel conclu à la complicité de Marcel Monnier, lequel par son attitude passive aurait favorisé ce drame. Le 11 octobre, il est condamné à 15 mois d'emprisonnement. L'annonce du jugement est acclamée par les quelques 2 000 personnes amassées devant le palais de justice.

Finalement acquitté

Marcel Monnier fait aussitôt  appel. Les magistrats de la chambre correctionnelle de la cour d’appel de Poitiers rendent leur arrêt le 20 novembre suivant et contredisent le premier verdict. Ils invoquent le fait que la conduite de Monnier ne tombe pas sous le coup  de la loi pénale. Ses omissions vis à vis de sa sœur ne constituant pas des actes de violence au sens de la loi. Marcel Monnier est finalement acquitté. Blanche Monnier fini quant à elle ses jours à l’asile public de Blois où elle décède en octobre 1913.