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Histoires du Poitou avec Patrick Sitaud

Du lundi au vendredi à 7h22, Rediffusion à 12h10

Le fameux Saint-Bitochon à Marnay
Le fameux Saint-Bitochon à Marnay © Radio France - Yves Besnard

Mais qui est ce Saint-Bitochon à Marnay, dans la Vienne ?

Diffusion du mardi 9 janvier 2018 Durée : 2min

Derrière ce nom se cache une cheminée dont l'histoire est digne de Clochemerle.

Il faut remonter à 1866 pour connaître les origines de cette véritable verge de pierre, surnommée Saint-Bitochon par les habitants du coin. Le curieux monument se trouve dans la Vienne, entre Vivonne et Gençay, à un kilomètre et demi au sud-est de Marnay

Avec ses 6 mètres de haut, on ne peux pas le louper. C'était d'ailleurs l’objectif premier de son créateur.

Des rapports tendus

C'est un certain Louis Bourdier qui a l'idée de cette érection. Le bonhomme, propriétaire d'un terrain, non loin des fermes de Béroute et de Bastard, allait ainsi marquer de son empreinte le paysage local. Sa parcelle était enclavée dans le domaine de la marquise du Lau.

Les rapports entre Bourdier, libertin notoire, farouchement opposé aux abus de l'Ancien régime et sa voisine aristocrate et veuve, étaient à priori très tendus.

A chacun son monument

La marquise du Lau décide un jour de construire son nouveau château sur son domaine. La réaction de Bourdier ne se fait pas attendre. En 1866, il déclare à qui veut bien l'entendre : « Moi aussi, j’ai les moyens de construire ! »

Et il va tenir parole ! La construction du château du Gué terminée, le bonhomme a mis ses menaces a exécution. Le phallus de pierre de Louis Bourdier s'impose ainsi à la vue de sa voisine.

Allumer le feu !

On peut imaginer la réaction de l'aristocrate qui se voyait ainsi imposer un décors quelque peu osé. Mais Bourdier allait taper encore plus fort. La colonne de pierre est en fait une cheminée. Elle a été construite au dessus d'un abri troglodyte de 2 mètres sur 3.

Le cabanon de Louis Bourdier - Radio France
Le cabanon de Louis Bourdier © Radio France - Yves Besnard

Louis Bourdier fait alors savoir qu’il y recevrait chaudement ses maîtresses, la cheminée entrant à chaque fois en usage. La fumée qui en sortirait signalerait ses bonnes fortunes aux habitants du canton... et à sa voisine. Et elle fuma, souvent !

Une fréquence élevée qui fera dire que Louis Bourdier, alors sexagénaire, en rajoutait un peu. La marquise ne pu que constater les dégâts et fit condamner la moitié de ses fenêtres pour ne plus voir ce monument si bien monté.