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Histoires du Poitou avec Patrick Sitaud

Du lundi au vendredi à 7h22, Rediffusion à 12h10

Village de France
Village de France © Getty

Pourquoi y a t-il une place de la Grand'Goule à Poitiers

Diffusion du lundi 6 novembre 2017 Durée : 2min

La Grand'Goule est une légende qui courre depuis des années à Poitiers. Mais qui est-elle vraiment ?

Située dans le quartier de Beaulieu la place de la Grand'Goule fait référence à une histoire légendaire de la ville de Poitiers.

La Grand'Goule est une bête qui aurait vécu au 6 ème siècle, au temps de Sainte Radegonde, On la décrit comme un dragon ailé, à écailles vertes, à longue queue, à griffes saignantes. De sa large gueule sortait un souffle empoisonné. Ses yeux, énormes et globuleux, lançaient des flammes.

La bête hideuse vivait au fond du Clain

Lors de la montée des eaux, elle parvenait a entrer dans les labyrinthes qui traversaient le sol poitevin. Ces espaces souterrains communiquaient avec les caves du monastère Sainte-Croix. La Grand'Goule y aurait ainsi dévoré plusieurs religieuses. Des seigneurs tentèrent en vain d’affronter la bête.

La fin de la bête comporte plusieurs versions. Pour l'une d'entre-elle, c'est Sainte Radegonde qui l'aurait tuée. Après avoir prié neuf jours, elle l'aurait terrassé en lui faisant avaler du pain bénit. Une autre version raconte que c’est un prisonnier, condamné à mort, qui aurait demandé à combattre la bête contre sa libération Au terme d’un combat acharné, il aurait tué le monstre et gagné sa liberté

Une légende qui est restée attachée à la tradition festive de la ville

Il semble que la Grand’Goule était tout d'abord représentée sur une bannière peinte, En 1677, une effigie en bois de la Grand'Goule, est réalisée par l'ébéniste poitevin Jean Gargot. Cette représentation de la bête était promenée dans les rues lors des processions organisée le 13 août, le jour de la Sainte Radegonde.

La tradition voulait que les enfants jettent des petits gâteaux oubliés, appelés casse-museaux, en disant cette prière :

« Boune sainte vermine, priez pour nous ! »

Cette procession continua jusqu’à la révolution française, où elle fut interdite.

Le dragon de bois se trouve aujourd'hui dans les collections du musée Sainte-Croix.