Histoires du Poitou avec Patrick Sitaud

Du lundi au vendredi à 7h22, Rediffusion à 12h10

1 200 loups ont été abattus dans le Poitou au cours de l'année 1751
1 200 loups ont été abattus dans le Poitou au cours de l'année 1751 © Maxppp - TOMASELLI Antoine PHOTOPQR/LA PROVENCE/MAXPPP

Quand les loups rodaient à Latillé

Diffusion du mercredi 24 avril 2019 Durée : 2min

Un terrible faits-divers s'est déroulé au 18 ème siècle, à Latillé, dans la Vienne.

Le 24 avril 1751 reste ainsi dans les mémoires des habitants de Latillé comme une sombre journée. Cette commune située à 28 kilomètres à l'ouest de Poitiers perd en effet un de ses natifs dans des conditions horribles.

La dure vie des pâtres

Le nom du gardien de troupeaux Jacques Chénier est ainsi associé à cette terrible journée. Né à Latillé le 14 juillet 1738 il y exerce la profession de pâtre. Au printemps 1751, le jeune homme garde ainsi ses moutons dans les brandes du village. L'adolescent doit non seulement les surveiller mais également les protéger. Des loups, affamés, essayent en effet régulièrement de tuer une bête voire parfois le gardien pour les dévorer. Les pâtres ne sont pas armés. Afin de faire fuir les loups ils ne peuvent que taper sur un tronc ou quitter leurs sabots et les frapper l’un contre l’autre. Un stratagème qui s’avère finalement inefficace. Le 24 avril 1751, Jacques Chénier, est attaqué par un loup d’une taille exceptionnelle. Il ne parvient pas à s'en défaire et meurt dévoré par la bête. C'est à priori un des deux loups qui terrorisent  alors la région. Les deux bestiaux affichent un terrible palmarès. Ils ont ainsi déjà tué une trentaine de jeunes gens.

Abattue à « pête loup »

Six jours après la mort du gardien de troupeaux, ils tiennent leur revanche. Le 30 avril 1751, ils tuent un loup de sexe mâle à l'endroit où Jacques Chénier est mort. On en apprend un peu plus dans les registres paroissiaux établis par l’abbé de la paroisse. Un lieutenant louvetier, du nom de René Lucas y raconte que la bête est apportée à l’intendance de Poitiers pour expertise. Le 2 mai, la louve qui accompagnait le mâle est repérée par ses hurlements. Elle est probablement abattue près du hameau de la Maison Neuve. Cet endroit est encore en effet appelé par les anciens : « pête loup » Une dénomination qui s'inspire sans doute des coups de fusil qui ont pété pour abattre l'animal. Le problème vécu à Latillé est commun à toute la province du Poitou. Au total, près 1 200 loups y sont ainsi abattus au cours de l'année 1751.