Replay du lundi 3 juin 2019

Quand Saint-Sauvant était dans l'objectif de Robert Doisneau

Le photographe Robert Doisneau a régulièrement séjourné à Saint-Sauvant, dans la Vienne, à partir des années 30.

Le photographe Robert Doisneau a régulièrement séjourné à Saint-Sauvant à partir des années  30.
Le photographe Robert Doisneau a régulièrement séjourné à Saint-Sauvant à partir des années 30. © Maxppp - MICHEL COUPEAU BEP/L'INDEPENDANT

Pour Robert Doisneau, qui n'est pas encore le photographe célèbre qu'il devient par la suite avec notamment son fameux Baiser de l'hôtel de ville, Saint-Sauvant est alors un havre de paix et d'inspiration. Loin de la capitale, le hameau de Pôneuf, situé sur cette commune proche de Lusignan, dans la Vienne, accueille régulièrement le couple Doisneau. Avant la Seconde Guerre mondiale, ils prennent l’habitude de venir camper à la belle saison dans ce coin de campagne. Un déplacement champêtre qui ne doit rien au hasard. Son épouse Pierrette, a ainsi une sœur qui réside dans le hameau tout proche des  Merzelières.

Un lien amical

Au début de la Seconde Guerre mondiale, comme nombre de parisiens, le couple fuit la capitale. Ils viennent tout naturellement  se réfugier à Saint-Sauvant. Alors qu'ils campent sous la tente, un violent orage les contraint à se réfugier chez des voisins à Poneuf. Il s'agit d'Edmonde Motillon, dont le mari est au front, et ses enfants, Annie et Michel. Le couple Doisneau trouve ainsi refuge dans leur chambre d'amis. C'est le début d'une longue relation amicale qui mènera régulièrement Robert Doisneau et sa femme dans cette partie de la Vienne. Le photographe en profite également pour immortaliser la vie des paysans poitevins. Une série de clichés qui constitue un véritable témoignage en images. Le monde paysan est bien entendu mis en avant. Le thème de l'enfance apparaît également au gré des photos. 

Une salle en mémoire

Après la guerre, le photographe entre dans la légende des arts visuels. Ses très nombreuses photographies en noir et blanc des rues de Paris font sa renommée. Il n'oublie pas pour autant Saint-Sauvant. L'artiste y revient ainsi régulièrement. Il y a 8 ans, en juin 2011, la commune de Saint-Sauvant donne le nom de Robert Doisneau à une salle socioculturelle lors de son inauguration. Une manière de rendre hommage au photographe, décédé en avril 1994, dont l'objectif a tutoyé avec poésie cette partie de la Vienne