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Histoires du Poitou avec Patrick Sitaud

Du lundi au vendredi à 7h22, Rediffusion à 12h10

Village de France
Village de France © Getty

Quelle est l'origine de la rue de l'Arceau à Poitiers ?

Diffusion du jeudi 3 mai 2018 Durée : 2min

L'origine de cette rue est très ancienne.

Situé  dans le prolongement de la rue Sainte-Catherine, débouchant sur la rue  Saint-Cyprien, cet axe de circulation existe en effet dés l'époque  antique. 

La Procession du Renard

Avant  de prendre la dénomination de l'Arceau, la rue s'est tout d'abord  appelé rue de la Procession du Renard. Nous sommes alors au 13èmesiècle.  A cette époque, une auberge située au numéro 7, porte le même nom. Son  enseigne est constituée d'un renard habillé en religieux avec une  couronne sur la tête. Un animal ainsi déguisé en mémoire des démêlés  d'alors entre le roi, Philippe le Bel, et le pape Boniface 8. Le conflit  voit s'affronter les deux hommes au sujet de la perception de certains  impôts. L'argent tombe en effet dans les caisses du royaume de France,  alors que le pape préférerait que ces finances reviennent à l'Église.

Influencé par le patrimoine bâti

Quelques  décennies après le 13 ème siècle, elle prend tout d'abord le nom de rue  de la Barre. Un mot faisant référence à la présence d'un édifice,  dénommé la Barre, en lien avec la justice. Cette bâtisse, construite vers 1470 est ainsi tenue par deux délégués du Parlement. La barre en  question étant la fameuse barrière du tribunal où les personnes se  positionnent quand elles sont appelés à témoigner.

Au  16 ème siècle, la rue prend le nom d'Arceau de la Barre. La présence en  proximité d'une ancienne porte de l'enceinte romaine de la ville,en  forme d'arceau, influence ainsi cette évolution. La référence à la  justice disparaît quelques décennies plus tard. Cet axe de circulation  devient finalement la rue de l'Arceau.

Des religieuses et un hôpital

Le  bâtiment abritant la juridiction devient propriété de religieuses en  1680. Il a alors pris le nom de Grand-Barre. Installées dans cette rue  depuis 1628, les filles de Sainte Catherine, ou Cathelinettes comme ont  les appelle, achètent petit à petit toutes les maisons du côté impair.

La  bâtisse sert bien plus tard d'hôpital temporaire, pendant la Première  Guerre mondiale. C'est aujourd'hui une propriété privée. A deux pas du  centre-ville de Poitiers, la rue de l'Arceau poursuit quant à elle son  périple dans l'espace public.